‹ Elizabeth SetonChapitre 141 sur 185 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

ment, faites-le-moi savoir; tout ce qui sera possible pour venir près de vous, je le ferai. »

Revoir William pendant quelques moments, et s'arracher de lui aussitôt après, c'eût été trop pour Elizabeth. A la terreur que lui inspire la seule pensée d'un nouvel adieu , nous mesurons ce qu'elle pensait de l'épuisement de ses forces. Elle répondit à son fils :

« Chéri de mon âme,

« Voici votre lettre si désirée, qui m' arrive datée de votre Macedonian. Ne songez pas à venir, mon bien-aimé, n'y songez pas, votre départ fût-il remis même jusqu'en octobre ou novembre. La seule chose en ce monde que je serais hors d'état de supporter, serait de prendre encore une fois congé de vous. Et ce peu de temps que vous resteriez! et la crainte qu'il fût remarqué que vous êtes absent dans un moment où vous pourriez être nécessaire ' ! Il faut que nous soyons fermes. Ce monde, cela est certain, n'est ni pour vous ni pour moi le lieu où nous puissions jouir de notre mutuel amour. N'ayez point de trouble pour ma santé. Quant au temps que j'ai encore à vivre, rien

1 Scrupule de la mère, quoique William fût en permission.

ne saurait être plus incertain. Le mal que je viens d'avoir, une inflammation à la poitrine , laisse une longue faiblesse ; mais il n'y a là rien d'alarmant , mon cher amour, je vous l'assure, quant aux suites immédiates. Je puis vivre encore pour saluer votre joyeux, heureux retour de plus d'une croisière. Andreuze n'est pas encore ici , mais il est attendu. Doyle est à la montagne; je ne l'ai pas vu. Le bon petit Michel seulement vient ici pour servir la messe ; il vous aime tant, que des larmes ont brillé dans ses yeux, lorsque je lui ai fait voir votre lettre avec ce mot de souvenir pour lui. Dans ma « retraite ombreuse » — le petit saule a poussé, il est si beau! — Que de soupirs, de soupirs pour vous ! mais ils s'en vont là-haut; là, où les soupirs, heureusement, ne sont pas en vain. Nous le verrons bien : toutes nos espérances sont là. Je vous parle trop rarement de la façon dont chacun ici se souvient de vous et vous regrette ; plusieurs autour de moi unissent leur cœur au mien, et vous regrettent comme de vraies soeurs. Les lettres qui nous arrivent de tous ceux qui nous aiment sont remplies d'affectueuses demandes de vos nouvelles. M. Dubois ne se lasse jamais lorsqu'il parle de vous; sa santé est bien rétablie. William de mon âme , rappelez - vous toujours comme je vous aime. »

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