CHAPITRE XXIII
WILLIAM SETON A SA MÈRE
Boston, 21 juillet 1818.
« Ma bien chère mère, je vous aurais écril plus tôt, mais nous avons eu notre temps bien rempli pour armer notre bâtiment. Maintenant, nous l'avons conduit en rivière, et nous sommes prêts à partir, n'attendant plus rien que nos poudres, dont nous prenons 160 barils, et aussi quelques menus objets que nous prendrons à bord dans le courant de la semaine prochaine, lorsque nous descendrons près du phare pour y attendre l'ordre de départ, que les officiers pensent recevoir d'ici deux ou trois semaines. Le Macedonian est une trèsbelle frégate de cinquante canons du calibre de 48, plus complètement et magnifiquement installée qu'aucun vaisseau qui ait jamais fait voile de ce port, et peut-être d'aucun autre port du monde. Son état-major se compose de trente midshipmen et de huit lieutenants, tous capables et intelligents ; notre capitaine , un bel homme , le même qui était premier lieutenant du capitaine Porter dans la croisière de l'Essex. Oh! ma bien-aimée mère, si Dieu me préserve, et permet que je vous revoie après cette campagne, quel heureux moment ce sera!
Mais , hélas ! j'en suis si loin ! La pensée de vous laisser souffrante me serre le cœur en quittant le port. Mais Lui, qui seul dirige tout, conduira ce voyage à bonne fin , et me ramènera entre vos bras chéris. Dites à Kitty qu'elle m'écrive une longue lettre avant que je ne parte. Lorsque nous aurons mis à la voile, un temps si long s'écoulera avant que je n'entende parler de vous! M. de Cheverus vous a écrit, je le pense ; la dernière fois que je l'ai vu, il m'a dit qu'il allait vous écrire. Le docteur Matignon est mourant. »
8 août 1818.
« Mon cher Antonio, toujours cher,
c( Il y a longtemps que je ne vous ai écrit; mais j'ai eu la consolation d'apprendre souvent de vos nouvelles, et des nouvelles de tous les vôtres bien-aimés, par mon cher géant % qui m'écrit des pages et des pages sur — ce dont je ne doutais pas, — votre bonté et vos si généreux procédés envers lui, et sur l'aimable et
1 Elizabelh appelait ainsi son fils Richardj qui était fort et très-grand.