‹ Elizabeth SetonChapitre 143 sur 185 · CHAPITRE XXIll · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIll

cordial accueil qu'il reçoit dans votre ravissante famille. Que Dieu m'accorde seulement qu'il puisse réussir et persévérer dans les bonnes intentions qu'il a de vous montrer notre amour à tous et notre gratitude, comme je serai heureuse !

« Notre monde de ce côté-ci de l'Océan, je n'en sais presque pas plus que vous n'en savez, cher Antonio. Votre excellent ami M. Whitfield 1 vous met , je le pense , au courant de ce qui peut intéresser parmi les nouvelles qui méritent d'être écoutées, si vraiment il en est. Pour moi, tout ce que je connais, c'est mon petit monde ; environ cent précieuses âmes dans la maison de Saint-Joseph. Chères âmes que nous aimons, et que nous préparons en silence , en ayant soin d'éloigner tout ce qui

1 M. Jacques Whitfield était un jeune prêtre catholique qui, bien qu'Anglais de naissance, appartenait au diocèse de Lyon, y ayant commencé ses études, en 1804, au séminaire de Saint-Iréuée, où il avait reçu successivement tous les ordres et la prêtrise. Les Sulpiciens dirigeaient ce séminaire; et M. Ambroise Maréclial, rappelé des États-Unis en 1803, y professait la théologie. M. Whitfield fut son élève. En 1811 , quand les Sulpiciens eurent été contraints de quitter la direction des séminaires, M. Maréchal retourna aux États-Unis; M. Whitfield l'y suivit. 11 devint dans la suite sou grand vicaire et son coadjuteur. Après sa mort, arrivée en 1828 , il fut son successeur sur le siège métropolitain de Baltimore.

pourrait avoir un air de prétention , à s'en aller parmi nos villes faire l'effet du bon levain.

« Il faut que je vous dise, cher Antonio, qu'il y a assez d'apparence que votre pauvre petite sœur est sur le point de partir, et de s'en aller retrouver dans peu votre Filippo. Pourtant, en ce qui dépend de la santé, on ne peut compter sur rien de certain. Je puis encore me rétablir, et, comme l'on dit ici, « m'en aller cassant des noix entre le nez et le menton. » Je n'en sais rien. Tout ce que je sais, c'est que nous devons tous nous tenir prêts pour l'heure où viendra ce cher, cher voleur, qui doit venir à l'heure où il sera le moins attendu. Je reçois la communion presque tous les jours, — mon excellent supérieur et confesseur dit qu'il le permet, par condescendance pour ma faiblesse. — Si votre bon peuple de l'autre côté de notre Océan n'est pas très -bon, ce n'est pas faute de mes prières. J'espère queje ne suis pas oubliée dans les vôtres, auxquelles je dois tellement tout ce queje possède, ma foi bienheureuse !

« La prospérité de nos asiles pour les orphelins, à New- York et à Philadelphie, promet plus encore que nous n'aurions pu espérer. Une lettre arrivée dernièrement de notre bon évêque de New-Yoïk ' parle de vous très-affec-

1 M. Gonnelly.

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