‹ Elizabeth SetonChapitre 148 sur 185 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

aie revue encore une fois ! Pensez que mon absence sera à moitié de sa durée lorsque cette lettre-ci vous arrivera.

(( Depuis que nous sommes ici , j'ai été trèspeu à terre; et maintenant, nous allons mettre à la voile sous peu de jours. On dit que nous attendons seulement le retour de M. Prévost de New-York \ l'envoyé américain en ces parages. Il est arrivé ici il y a quelques jours sur la frégate anglaise l'Andromaque ; et il est parti presque aussitôt pour la ville de Santiago, à environ quatre-vingt-dix milles d'ici. Nous avons passé notre temps à nettoyer notre vieux bâtiment et à le peindre ; et nous avons été transporté de joie en voyant que VAndromaque ne peut pas se comparer à nous, ni pour la propreté du gréement, des ponts, des canons, ni pour la beauté des formes; de sorte que c'est nous qui sommes le bâtiment modèle dans ce port; comme nous le serions, je suppose, partout ailleurs. Nous avons aussi donné deux bals magnifiques où s'est rendu tout le beau monde de Valparaiso. Notre consul et lady Cochrane ont donné plusieurs bals à nos officiers à terre. En somme, nous avons passé notre temps, plutôt d'une manière agréable à Valparaiso. A présent, nous allons faire voile

1 Jiidgc Prévost.

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pour Callao , qui est le port de Lima. Les midshipmen de VAndromaque nous ont dit que la brume y est très -intense le matin et le soir; tandis qu'au milieu du jour, la chaleur est presque insupportable ; je crois que je vais m'en souhaiter parti aussitôt qu'arrivé. De là , je pense que nous irons aux îles Galopagos, tout à fait sous l'équateur ; des îles inhabitées, si ce n'est par des oiseaux sauvages de terre et de mer d'une variété et d'un nombre immenses ; des veaux marins, des lions marins, et autres animaux amphibies , avec une quantité de tortues de terre et de mer. Il en est beaucoup de celles de l'espèce terrestre qui pèsent de trois à quatre cents livres ; elles peuvent porter un homme sur leur dos sans paraître en souffrir. Nous en avons eu une à bord qui nous avait été donnée par le capitaine d'un baleinier qui était arrivé ici peu de temps après nous. Elle n'était pas de la grande espèce, et cependant j'ai vu bien souvent un de nos petits midshipmen qui se promenait sur elle à califourchon autour de la batterie, sans que la bête changeât son allure le moins du monde. Nous resterons dans ces îles le temps nécessaire pour espalmer le bâtiment ', reprendre le gréement, le réparer, et remettre tout en bon ordre. On dit

t Espalmer, nettoyer, frotter.

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que notre présence dans le fleuve Columbia est devenue inutile, M. le juge Prévost ayant déjà pris possession pour les États-Unis de l'établissement que les Anglais lui ont cédé. J'ai oublié de vous dire que nous devions aller en Californie. Pour quelle affaire? c'est ce que je ne sais pas exactement. J'espère vous faire quelque jour une ample relation de toutes nos allées et venues. Je regarde en avant, vers la fin de la campagne, avec espoir et anxiété. Je veux croire que vous serez tous bien quand je vous retrouverai; et en même temps, je suis rempli d'anxiété pour la santé de ma si chère mère et de ma sœur. Que Dieu vous garde, et nous accorde une heureuse réunion ensemble ! Pour ce qui est de ma santé , je n'ai pas même su ce que c'était qu'une minute de maladie depuis que je vous ai quittée, grâces à Lui qui m'a protégé. Il n'est pas besoin que je vous demande de prier constamment. Je dis souvent Ave Maria pour vous. Lorsque vous écrivez à Baltimore , veuillez me rappeler à tous nos amis, M. Harper, M. Barry, les Chatard et ceux encore qui ont été bons pour moi. N'oubliez pas de présenter mes respects à la sœur Surah, EUen et Rosahne. Je ne saurais maintenant penser avec indifférence à aucune des personnes que j'aie jamais vues près de vous; à plus forte raison, à celles qui, je le

sais, sont aimées de vous. Rappelez-moi aussi à mes amis de la montagne, si vous en avez occcasion, à MM. Kickey, Doyle, G. Elder, E. Elder, Heyden, etc. — Je vais essayer d'écrire à Richard, si je le puis, par cette même occasion. Je vais commencer une lettre dans tous les cas. Si j'ai à la finir une autre fois, elle sera plus longue. Rappelez-moi à lui le plus tendrement. »

ELIZABETH SETON A ANTONIO FlLICCHl

29 juin 1819.

« Mon Antonio, à jamais cher,

« Mes remercîments les plus reconnaissants pour votre lettre au sujet de Richard. Vos paroles sont un vrai baume au cœur d'une mère. Je ne vous dis pas ceci pour vous forcer de m'é« crire encore dans mon barbare anglais, comme vous l'appelez; mais seulement pour dire à votre cœur un seul mot, entre les mille tendresses que votre pauvre petite sœur voudrait lui dire pour le remercier de ces bontés sans fin^ qui ne diminuent pas à mesure que marche le temps; mais qui, au contraire, vont augmentant, augmentant toujours, véritable trésor pour l'éternité , je l'espère !

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