CHAPITRE XV
de ce monde, qui pourtant en a si grand besoin. J'ai recommandé sa chère âme , en quel lieu qu^elle soit, à un très-saint prêtre d'ici, qui ne manque jamais maintenant de se souvenir de lui, tous les jours, au divin sacrifice. Souvent la messe a été offerte pour lui , — lui seul, — en même temps que mon indigne communion. Vous avez une large part dans toutes mes communions; et j'en fais une chaque semaine, pour vous uniquement. Est-il rien autre chose que je puisse pour vous, qui m'êtes plus qu'un frère, en retour de votre inaltérable bonté envers votre pauvre sœur! C'est là tout ce que je puis offrir ; si ce n'est encore les prières que dix chères saintes Sœurs adressent chaque jour à Dieu pour vous, notre bienfaiteur et notre ami.
« Maintenant vous allez rire si je vous dis que votre mauvaise petite sœur a été placée à la tête d'une communauté de saintes; dix des âmes les plus pieuses qu'on puisse se figurer, surtout quand on pense que quelques-unes d'entre elles sont très-jeunes. Pas une d'elles n'a encore trente ans. Nous avons de plus six postulantes, qui attendent que nous ayons de la place pour les recevoir. Nous serions déjà une famille nombreuse , si nous recevions la moitié de celles qui désirent venir ; mais votre Révérende Mère est obligée d'être très-pru-
3ù ELIZABETH SETON
dente, dans la crainte que nous n'ayons pas les moyens de gagner notre vie durant l'hiver. Cependant , comme Sœurs de Chai'ité , nous ne devrions rien craindre. Vos raille dollars nous aideront grandement, cher Antonio. Que Dieu vous bénisse à jamais !
« Je vous ai décrit en détail le plan qui a été proposé par notre supérieur. Notre évoque et nos chers MM. de Cheverus et Matignon l'ont approuvé grandement. Les deux lettres que je vous ai écrites sont parties par des occasions différentes : il est donc à espérer que l'une des deux vous est déjà parvenue. Je veux seulement encore, mon très-cher Antonio, vous demander, et demander à votre Fihppo , pardon un millier de fois, si votre incomparable indulgente amitié pour votre sœur l'a portée à aller trop loin lorsqu'elle y fait appel. Songez que je n'aurais pas voulu demander que vous donniez davantage, car votre générosité a déjà été trop grande, — et Notre-Seigneur, pour l'amour de qui vous avez donné , et à qui lui-même vous avez donné en la personne de la veuve et des orphelins, peut seul vous récompenser! — Mais ce que je vous ai proposé, c'est qu'après avoir consulté les personnes compétentes, il vous plût d'investir quelqu'un d'une propriété à vous , tout en aidant à nous établir, nous qui avons été appelées au service de Dieu dans