‹ Elizabeth SetonChapitre 16 sur 185 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

l'état religieux; et avec nous, beaucoup d'autres personnes dont la vocation n'est pas douteuse. Cela, je vous l'ai proposé sans crainte, puisque Dieu paraissait vouloir que cette porte nous fijt ouverte par votre généreuse bonté. Ma seule crainte, c'est que peut-être je ne vous ai pas suffisamment bien expliqué ma pensée. »

Le rapide accroissement de la communauté d'Emmettsburg était un sujet de joie pour l'Église des États-Unis. Parmi ceux qui la saluaient de leurs prières et de leurs vœux, nul n'y prenait plus d'intérêt que M. du Bourg. En voyant grandir le nombre des Sœurs, sa pensée se reportait souvent vers ce jour oii Dieu l'avait conduit pour la première fois près d'Elizabeth Seton, et lui avait inspiré le désir de remettre entre les mains de l'humble et pieuse veuve l'établissement d'une œuvre si belle. La société des Sœurs de Saint- Joseph eut M. du Bourg pour ami aussi longtemps qu'il vécut; mais, au bout de quelques mois, les liens qui le rattachaient à elle comme supérieur, et en quelque sorte comme tuteur, se trouvèrent dissous. L'année 1809 ne s'était pas écoulée, qu'il était nommé administrateur du diocèse de la Nouvelle-Orléans, dont il devint évêque en 1815. Son successeur comme supérieur de la coramu-

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nauté fut M. David, l'un des professeurs du séminaire de Sainte-Marie à Baltimore.

M. David, prêtre français, né près de Nantes, appartenait à la Compagnie de Saint-Sulpice. Il occupait avant la révolution la chaire de philosophie et de théologie au séminaire d'Angers. Envoyé par M. Emery aux États-Unis, en 1791 , il avait exercé pendant plus de douze ans le saint ministère dans les missions du Maryland. M. GarroU l'avait demandé en 1804 comme professeur au collège de Georgetown, d'où ses supérieurs de Baltimore l'avaient rappelé pour suppléer plusieurs d'entre eux disparus ou absents.

Le nouveau supérieur de la maison de Saint- Joseph unissait à une grande piété la science, le zèle et une rare éloquence ; il était la modestie même, comme le sont les hommes d'un haut mérite. Les Sœurs le perdirent dès l'année 1811. A cette époque, il alla partager les travaux de son ami, M. Flaget, l'évêque-missionnaire. Les merveilles que l'Église d'Amérique vit s'accomplir au diocèse de Bardstown pendant les quarante années que dura l'épiscopat de M. Flaget, ont été dues pour une grande part au dévouement de M. David, Autant par humilité que pour demeurer fidèle aux oeuvres commencées dans un immense diocèse où tout était de création nouvelle, il refusa

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plusieurs évèchés qui lui furent offerts. Quand il mourut, dans un âge très-avancé, en 1841, il était simple coadjuteur de son saint ami. Si nous avons devancé, de beaucoup, le cours des années, pour parler de cet homme apostolique, c'est qu'après l'apparition qu'il fit à Emmettsburg, nous n'aurons plus occasion de le revoir ' .

Le troisième supérieur qu'eut la communauté après M. du Bourg et après M. David, fut, pendant un temps, M. Carroll lui-même; puis M. Dubois, le pasteur de la congrégation catholique d'Emmettsburg, et le fondateur du séminaire du Mont-Sainte-Marie , dont il était aussi le supérieur.

1 Voir C. Moreau, Les Prêtres français émigrés aux États-Vnis. — Voir la Vie de M. Emery , neuvième supérieur du séminaire et de la Compagnie de Saint-Sulpice . — Voir Mgr Flaget, sa vie , son esprit et ses vertus.

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Nouvelles épreuves. — iM.dadie du jpunc William Selon. — Maladie et mort d'Henriette. — Douleur de Cecilia et de la mère Seton. — J.e cliéne du cimetière de baiiit-Joseph.

— Les Sœurs se transportent dans leur nouvelle maison,

— Inaugirration de leur chapelle. — Cecilia assiste à la sainte messe pour la dernière fois. — Son amour de Dieu, sa patience dans sa maladie, sa pieuse mort. — Consolalion? accordées à la mère iSeton au milieu de ses épreuves.

— Quatre-vingt-dix p'-rsrrnnes réunies sous le toit de Saint-Joseph.

La grande épreuve de la communauté de Saint- Joseph, à la fin de cette première année, ne fat pas seulement la pauvreté avec les privations qui lui font cortège. La maladie vint à son tour frapper à la porte de la maison ; et une fois qu'elle y eut pénétré, elle y établit son siège pendant plusieurs mois. Comme si ce n'eût pas été assez de tant de malades qu'on avait autour de soi , le directeur du collège de Sainte-Marie

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