‹ Elizabeth SetonChapitre 154 sur 185 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

ber abiit et recessit, arnica mea, surge. L'hiver a disparu; la tempête est passée ; levez-vous , ma. bien- aimée , venez! — A cette voix qui l'appelait, que répondait Elizabeth? — Vox dilecti mei pidsantis. Surrexi et aperiam dilecto meo. — C'est la voix de mon hien-aimé ; il frappe à la porte. Je me lèverai, et f irai ouvrir à mon hien-aimé! — Mais sa mortalité la retenait encore , si faible qu'en fût le lien ; un travail lent, bien qu'incessant, l'en dégageait peu à peu. Sa maladie étaitune langueur, un appauvrissement de toutes ses forces ; rien de très-douloureux ; rien qui la contraignît à cette assiduité de soins, que la souffrance doit accepter comme une épreuve de plus. « Je m'en vais par une pente si douce, si imperceptible, vers la chère éternité, disait-elle, que déjà, sans qu'il y ait en moi aucune altération marquée, la décadence générale de la pauvre nature qui succombe a raccourci tellement la perspective devant mes yeux, que je ne puis plus rien voir au delà du moment présent. »

Tandis que l'état languissant où on la voyait désolait les cœurs autour d'elle , les promesses qu'elle y trouvait de délivrance et d'immortalité l'ii causaient une sainte joie. L'œuvre de piété et de charité qui avait tant occupé sa vie se trouvait désormais consolidée; sa tâche était accomplie près de la seule fille et près des deux

fils que Dieu lui conservait. Ses autres enfants l'attendaient au ciel ; c'était là que se transportaient toutes ses pensées. Dans une lettre adressée à l'une de ses anciennes élèves, à l'anniversaire dujour où elle fêtait autrefois la naissance de la petite bien -aimée qu'elle avait perdue: « C'est aujourd'hui, dit-elle, le jour de naissance de Rebecca : elle aurait seize ans. Mais elle ne compte plus les années. Oh ! la pensée d'aller la voir, elle et notre Annina!... Oh ! la pensée d'aller voir Dieu ! »

La grâce de faire une bonne mort , voilà ce qu'elle avait uniquement en vue. Elle sollicitait, pour obtenir que Dieu lui accordât ce bonheur, les prières des pauvres que la maison secourait, les prières de ses filles spirituelles, de ses élèves, de toutes les personnes dont l'affection et la piété lui étaient connues. Elle priait elle-même. Sa vie n'était plus qu'une oraison continuelle. Comme ces vierges saintes de l'Évangile qui ont préparé l'huile pour leurs lampes, et qui veillent en attendant que paraisse l'Époux , elle tenait entre ses mains une lumière ardente.

« Je fais ce que je puis, disait -elle, pour me tenir dans l'étroit sentier qui me conduit à Dieu seul. Le petit apprentissage quotidien de demeurer doucement et paisiblement en sa présence , tandis que je m'efforce de diriger le

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