CHAPITRE XXIV
peu que je puis faire, selon sa volonté , et de le louer et de l'aimer au milieu de l'obscurité aussi bien que sous les rayons du soleil , voilà tout mon soin, toute mon étude. Le méchant vient de temps en temps m'offrir la bataille; mais notre cher Seigneur est là derrière la muraille ; et il tient le misérable à distance. »
Par un beau jour de soleil, ses forces le lui permettant, elle s'était acheminée vers la montagne, « Seule, cette après-midi, assise sur un rocher, en présence d'une des plus belles scènes de la nature, j'adorais Dieu, je lui rendais gloire de sa magnificence et de sa bonté. Mes yeux appesantis ne pouvaient, il est vrai, se plaire qu'à demi à ce qu'ils voyaient ; mais l'âme s'écriait : « 0 Dieu , ô Dieu , donnez-vous vous-même : qu'est-ce que tout le reste? » Une voix d'amour, une voix silencieuse me répondait : « Je suis à toi. » — Ah! tendre Seigneur, faites-moi demeurer telle que je suis maintenant, pour le temps que vous me laisserez à vivre; car c'est là le vrai contentement, ne rien espérer, ne rien désirer, ne rien attendre, ne rien craindre!... La mort, l'éternité... Oh! combien paraissent petits tous les objets que poursuivent ces êtres affairés, empressés, aveugles et déçus ! combien ils paraissent petits, quand on les envisage au pied de la croix, sous ces deux points de vue ! ï)
320 ELIZABETII SETON
( Écrit le dimanche du Bon Pasteur.)
« Une nuit sans sommeil avec des douleurs à la poitrine m'ont fait la tête appesantie pour l'heure de la communion ce matin ; mais à peine le tabernacle a-t-il été ouvert, que cette pensée m'a saisie : Seigneur, ce pain ne doit pas être donné aux chiens l Puis tout aussitôt, les yeux fermés, j'ai vu devant moi, comme une fois dans la campagne entre Florence et Pise, un chien de berger, blanc, vieux, qui recevait sa nourriture des mains du berger, au milieu du troupeau. Ah! oui, mon Sauveur! c'est ainsi que vous nourrissez ce pauvre chien que voici, qui est à vous! C'est à peine, à première vue, si l'on peut le distinguer du reste du troupeau; mais les qualités de sa nature , telle quelle , vous les voyez ! »
18 avril 1820.
« Mon Antonio à jamais cher,
« Je soupire dans l'attente de vos nouvelles. Je voudrais apprendre que vous tous allez bien. La tendresse de mon cœur ne saurait se refroidir pour vous et votre chère famille tant qu'il lui restera un souftle de vie. La der-