‹ Elizabeth SetonChapitre 156 sur 185 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

nière lettre de Richard est du mois de septembre ', Il y a six mois de cela. Je ne puis m'empêcher d'être un peu tourmentée. Je prie avec bien de la ferveur pour qu'il me soit donné d'apprendre de bonnes nouvelles de vous tous , et après le premier tressaillement

1 C'est ici la dernière fois que reparaît le nom de Richard Seton. Ceux qui ont pris intérêt à l'histoire d'Elizabeth demanderont à savoir quelle fut la destinée de son second fils. Richard ne demeura que trois ans près d'Antonio Filicchi ; de même que son frère aîné , il n'avait de goût que pour la marine. Il y entra en 1821, peu de temps avant la mort de sa mère. Un bel avenir lui semblait assuré dans cette carrière. En 1823, il avait été envoyé, comme officier, avec une mission de confiance , à Libéria , — cette petite colonio, que les Américains ont fondée pour les nègres affranchis sur la côte de la Gainée. — Le climat de ce pays est des plus meurtriers, excepté pour les Africains; Richard y succomba à l'âge de vingt-six ans. M. Jehudi Ashmun, officier américain en mission dans la colonie de Libéria, dit de ce fils d'Elizabeth: « Par son caractère ouvert et franc, par la simplicité de ses manières et la bonté native de son cœur, il avait conquis les affections de notre peuple noir, comme ne l'avait jamais fait aucun autre agent, en un si court espace de temps. »

Des cinq enfants de William-Magee Seton et d'Elizabeth Bayley, William est le seul qui ait été marié. Il avait épousé, en 1?31, Miss Emily Prime, fille de M, Nathaniel Prime , Esquire , et de Miss Sands. Ce ne fut qu'à l'époque de son mariage qu'il cessa de servir dans la marine. Il y était arrivé au grade d'officier. 11 est mort, le 20 janvier 1868, dans sa soixante- douzième année, laissant sept enfants: trois fils et quatre filles, ilicwc U ^';<'-' ta-

dont la nature ne peut de temps à autre se défendre, je remets tout cordialennent, sincèrement et en toute confiance à la divine Providence , qui nous a bénis , même au delà de ce que nous avions pu espérer. Pour ma part, je m'efforce de faire que chaque souffle de mon cœur soit une continuelle action de grâces. Nul mieux que mon cher Antonio ne peut comprendre ce qu'est mon cœur en Dieu : mon cher Antonio, lui qui sait si bien ce que j'ai été et quels redoutables châtiments je mériterais, plutôt que d'avoir ce bonheur de vivre dans un véritable sanctuaire rempli de la présence de Dieu; me levant chaque matin, m'endormant le soir, presque en présence de la sainte hostie , pouvant presque toucher le tabernacle ! « Si vous saviez , Antonio , avec quelle tendre reconnaissance je me souviens de vous et des chers vôtres, surtout de Patrizio et de mon Giorgino ; leur image est si vivement empreinte dans ma mémoire, et celle aussi de vos douces filles aimées ! William , pourtant , m'a tellement parlé des plus petits, qu'il me semble que je les ai vus. Que Notre-Seigneur les bénisse tous, comme je l'en supplie! Qu'il vous conserve ferme à jamais dans ce fidèle et persévérant amour, vous et votre chère excellente Amabilia! Elle m'est si chère à moi aussi, et à tous ceux qui la connaissent !

Page 1