CHAPITRE XXIV
Toujours accessible, toujours souriante, elle voulait qu'on entrât à toute heure , à tout moment, dans la petite chambre où elle se tenait. Toute visite, si importune qu'elle pût être, était accueillie par cette grâce aimable , que nous n'oserions pas appeler une vertu chez elle , tant elle lui était naturelle. — « Ma chère mère, lui dit un jour une des Sœurs qui du matin au soir l'avait dérangée sans cesse, je crains d'être venue trop souvent vous fatiguer et vous ennuyer aujourd'hui. — Point du tout, lui répondit-elle, les rayons du soleil, que je salue avec tant de plaisir quand ils arrivent à travers ma fenêtre, ne sont pas mieux accueillis que ne l'est votre pas, bien connu, quand je l'entends à ma porte. »
Une autre fois, au commencement de l'été, dans les jours de la Pentecôte, c'était elle qui était allée faire sa visite à l'une des Sœurs retenue à l'infirmerie. Sur son chemin pour s'y rendre, elle rencontra une des élèves qui tenait à la main une rose embaumée, encore tout humide de la rosée du matin, qu'elle venait de cueillir, et qu'elle lui offrit. La mère Seton, arrivant près de la malade, la trouva seule qui dormait. Elle s'approcha doucement, posa la fleur sur l'oreiller, à côté de sa fille endormie, et se retira sans faire de-bruit. Quelques moments plus tard, on lui remit un petit II. 10
billet tracé au crayon. Elle y trouva ces stances qui lui étaient adressées :
« The moraing was beautiful, mild and serene,
AU natui'e had waked from repose :
Maternai affection came silently in,
And placed on my bosom a rose.
cf Poor nature was weak and almost prevailed
The wearied eyelids te close; But the soûl rose in triumph and joyfuUy hailed
The sweet queen of flovers, the rose.
« Whitsuntide was the time, 't was the season of love, Methought the blessed Spirit had chose
To leave for a while the sweet form of a dove , And corne in the hlush of the rose.
« Corne, heavenly Spirit, descend on each breast.
And hère let thy blessings repose As thou once didst on Mary, the temple of rest;
For Mary 's our mystical rose.
a 0 pray every rose that springs forth evermore
Enkindle the hearts of ail those Who wear it or see it, to bless and adore
The hand that created the rose ! i »
L'occupation la fatiguait. Elle ne lisait presque plus , elle qui eût retrouvé dans son inac-
1 « Le jour était brillant, paisible et radieuï, Le ciel de ses rayons se parait, et la terre Chantait en s'éveillant sa joyeuse prière. Quand l'amour maternel, d'un pas silencieux,
A mon chevet dépose ,
En passant, une rose .'