‹ Elizabeth SetonChapitre 164 sur 185 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

passe si calme et si heureux ! Si c'est là le chemin qui mène à la mort, rien de si paisible ni de si doux. Mais, dussé-je en revenir, que c'est une chose délicieuse de reposer entre les bras de Notre-Seigneur! Je n'ai jamais si bien senti la présence de ce Seigneur bien- aimé, que depuis que je suis malade. C'est comme si je le voyais, lui, le bon Jésus, lui et sa sainte Mère , ici , continuellement, assis à mes côtés, sous une forme visible, pour me consoler, me récréer, m'encourager à toutes les heures de ma longue et pénible souffrance. Cela vous surprend, disait -elle à celles qui l'écoutaient , vous allez rire de mes imaginations. N'importe ! Celui qui est notre tout a bien des manières de consoler ses petits atomes. »

Sans cesse elle parlait du bonheur de mourir dans le sein de la vraie Église. « Oh ! qu'il en est peu qui connaissent le prix d'une telle faveur, » disait -elle. — Quelqu'un lui ayant demandé quelle était la grâce la plus grande qu'elle pensait avoir reçue de Notre-Seigneur: « C'est , répondit-elle vivement , sans la moindre hésitation, c'est d'avoir été amenée à l'Eglise catholique. »

Le moment suprême approchait. Le Seigneur allait recevoir le dernier soupir de sa servante. Le samedi 30 décembre, M. Brute lui donna la

sainte communion en viatique. Le lendemain , elle la reçut avec la communauté ; et le 1'^'' janvier, jour de la Circoncision, une troisième fois, la dernière... Cette nuit- là, la Sœur de veille l'avait pressée de boire, après minuit, une potion prescrite : « Never mind. A communion more, and our eternity ! Ne pensez pas cela. Une communion encore , et notre éternité ! » répondit-elle. Et elle attendit le matin, à jeun.

Le 2 janvier, au milieu du jour, à l'heure solennelle où elle se tenait prête à participer aux grâces de l'extrême-onction , elle demanda que toutes ses filles fussent réunies autour d'elle . Toutes accoururent pénétrées d'une incomparable douleur. Comme elle était trop faible pour leur parler elle-même, ce fut M. Dubois qui leur fit en son nom ses dernières recommandations. Elle les priait avant tout de demeurer unies entre elles comme de vraies Sœurs de Charité , fidèlement attachées à leur règle. Elle leur demandait « humblement pardon des peines qu'elle avait pu leur causer, des mauvais exemples qu'elle avait pu leur donner ! » Comme le prêtre achevait, on l'entendit qui disait de sa voix défaillante : « Je vous remercie, mes sœurs, d'avoir bien voulu m'assister à ce moment de l'épreuve. .. Soyez enfants de l'Église, soyez enfants de l'Église! »

Elle reçut le sacrement des mourants ; et

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