CHAPITRE XXIV
pendant ce temps, elle avait ses yeux levés vers le ciel avec une expression qui ne se peut rendre, non plus que l'accent de cette seule parole qu'elle prononça quand le prêtre eut fini: Oh! thankful! — Oh! si reconnaissante! — Elle s'était unie au divin Sacrement avec une foi, avec un recueillement si sensibles, qu'elle avait semblé à tous, dans le profond silence qui s'était fait à ce moment, qu'on aurait pu lire ce qui se passait dans son âme à chaque onction.
« Le 3 janvier, elle était dans le même état. L'après-midi, comme M. Brute était venu commencer le catéchisme de retraite pour les enfants qui devaient faire leur première communion le dimanche suivant, il entra, en s'en revenant , dans sa chambre. « Priez, lui dit -il, pour vos chères enfants. Peut-être encore vous unirez-vous à elles dimanche. » — Elle fit doucement le signe de tête d'abandon et de doute. Rajouta: Demandez, et vous recevrez, a dit Notre -Seigneur; demandez -lui donc le ciel, pour l'aimer et pour le louer à jamais. Elle répéta le même doux et simple mouvement de tête en union à ces paroles. — Ce furent là les dernières paroles qu'elle ait entendues de M. Brute, ni d'aucun prêtre de son divin Maître. Elle se rendit elle-même à lui désormais , persévérant dans son simple recueillement.
« Le même soir, vers dix à onze heures, elle était plus mal. On appela l'assistante, Sœur Xavier « It is y ou, Xavier, hoio are you? C'est vous, Xavier! comment allez -vous? » — Elle la reçut avec cette manière aimable et polie que l'on comparait en elle à la politesse si touchante, à la bonté pénétrante, que le bon archevêque John Carroll avait marquée jusqu'à sa dernière heure. Ses Sœurs priaient avec elle. Sa fin s'approchait. Elle suggéra elle-même la prière qu'elle récitait tous les jours , comme étant si bien selon son cœur et selon sa piété de profonde soumission et abandon : « Que la très-sainte, très-puissante, très -aimable volonté de Dieu soit accomplie à jamais! » Les Sœurs lui aidèrent à l'achever. Pouvant à peine se faire entendre , elle pria une des Sœurs de réciter pour elle sa prière de prédilection, cette courte et ardente prière de saint Ignace de Loyola: « Corps de Jésus, sauvez-moi. Sang de Jésus, enivrez-moi. Eau sortie du côté de
Jésus, lavez-moi! »
La Sœur commença. Mais ,
succombant à son affliction , elle fut forcée de s'interrompre. Catherine -Joséphine, ne pouvant plus se contenir, éclata à ce moment en cris douloureux. Elizabeth acheva la prière elle-même. Les derniers mots qui sortirent de sa bouche furent les nom^s sacrés de Jésus,