‹ Elizabeth SetonChapitre 18 sur 185 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

sa pensée la ramenaient à son Dieu et au sonvenir de son heureuse conversion. Le dernier signe de connaissance qu'elle donna fut pour s'unir à une hymne de la bénédiction du saint Sacrement que les Soeurs récitaient auprès de son lit. Sa précieuse mort arriva le 22 décen)bre, sans lutte, sans agonie. Son dernier sommeil succéda à un sommeil d'engourdissement qui s'éiait emparé d'elle depuis plusieuis heures.

Qui dira la douleur de Ce'-ilia? Qui dira une autre douleur plus déchirante encore que la sienne? Elle, la malade Cecilia, n'appartenait presque plus à la terre. Quelques larmes, quelques souffrances d'un jour, puis à son tour elle allait partir, prête à rejoindre sa sœur. Adieux de ce côté-ci du tombeau , réunion éternelle ; départ devancé de quelques instants, joies de la possession, acquises pour jamais; fleurs de la terre flétries, mais fleurs du ciel écloses!... L'espérance qui consolait Cecilia rendait plus amère la douleur d'Elizabeth. Moins forle qu'elle n'était d'ordinaire, en présence des nouveaux sacrifices que Dieu lui demandait, on la vit répandre d'abondantes larmes après que Henriette l'eut quittée pour le ciel. On s'en étonna peut-être autour d'elle. Mais pourquoi se serait-elle iefusé cette douceur?

Qui de nous n'a médité sur les larmes chrcn. 2

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tiennes? Qui de nous n'a perdu des êtres chéris, et ne s'est demandé quel exemple Jésus, notre maître et notre modèle , nous avait laissé dans une semblable douleur'? Nous savons que Jésus n'a pas défendu les larmes, puisqu'il en a versé lui-même. Serait-ce trop de nous persuader que non-seulement il les permet, m.ais qu'il les approuve? Vous êtes, ô notre cher Seigneur, la sainteté même, et lorsque vous permettez, n'est-ce pas que vous approuvez?

Non, les divines préférences de Jésus ne sont pas pour les fronts impassibles et les yeux secs. Tout est enseignement dans sa vie. S'il a pleuré, c'est pour autoriser nos larmes. S'il a voulu qu'on le vit pleurer, c'est pour montrer quelles marques apparentes d'honneur et de regret nous devons donner à ceux qu'il nous a permis d'aimer. Quel hommage pour l'ami de Notre-Seigneur dans le cri des témoins attendris qui attendent à l'entrée du sépulcre de Béthanie : Voyez combien il Vaimait!

C'est là le sens des larmes chrétiennes : ils se sont écriés: Voyez combien il Vaimait! Ils n'ont pas dit: «. Combien il le plaint! Combien la mort lui semble affreuse! » — Notre-Seigneur ne veut pas qu'on parle de la mort avec cette épouvante, quand il est là. Ses larmes sont toutes d'attendrissement sur la perte que son allection vient de faire, toutes de tendresse sur

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