CHAPITRE XVI
dortoirs et les salles pour les classes. A l'une des extrémités, du côté du levant, il y avait une petite cuisine; du côté opposé, à l'exposition du couchant, on avait élevé un bâtiment qui contenait la sacristie, la chapelle, et une pièce assez grande, destinée aux étrangers qui viendraient du dehors pour assister à la messe de l'autre côté de la clôture. Le chœur faisait face à l'autel. Les religieuses s'y plaçaient pour assister aux offices. On pouvait à volonté, au moyen d'une porte à brisure, faire communiquer ce chœur avec l'autel.
Les solennités du jour oii l'on transporta le saint Sacrement dans le nouveau sanctuaire furent célébrées par la communauté avec tout l'éclat qu'on leur put donner. M. Dubois officiait au milieu d'une assistance nombreuse. Les Sœurs marchaient en procession à la suite du saint Sacrement; la joie au cœur; sur les lèvres , des actions de grâces. La modeste chapelle qu'on venait de consacrer était d'une extrême «simplicité au dedans et à l'extérieur ; mais dès qu'on y entrait, on y respirait un parfum de piété qui devait être agréable à Dieu. « L'autel était bien pauvre, dit un témoin de cette journée. Pour tout ornement il n'avait qu'un tableau qu'on avait apporté de New- York, qui représentait l'image de notre cher Rédempteur; et avec cela, ses deux petits
a ELIZABETH SETON
chandeliers d'argent. On avait mis alentour quelques lauriers sauvages; et, dans des vases tout unis, les plus simples du monde, des toutïes de fit urs et d'herbes des bois. »
Dès le lendemain, le 22 février, les Sœurs ouvrirent réguhèrement leur école. Tout aussitôt, une quantité d'enfants arrivèrent, soit du village, soit du pays d'alentour. C'était là ce qu'elles avaient espéré , aussi ne refusèrentelles personne. Le 19 mars suivant, jour de la fête de saint Joseph , la mère Seton exprima le désir qu'on invoquât d'une manière toute particulière le saint protecteur de la maison. La première messe solennelle qui ait été célébrée dans la chapelle fut dite ce i9- mars. Toute la communauté, les religieuses et les élèves, se recommandèrent avec une piété fervente au saint ami de l'enfance de Notre-Seigneur, afin qu'il attirât la bénédiction de Dieu sur l'œuvre commencée.
Ceciliaa.-sista, elle aussi, à cette messe. Elle avait demandé qu'on la transportât à la chapelle. Ce fut la dernière fois qu'elle y parut. Elle ne s'était pas levée depuis plusieurs semaines; les forces, non le courage, l'abandonnaient. D'ordinaire la jeunesse et la maladie sont habiles à se décevoir elles-mêmes; mais elles avaient ici les yeux ouverts. La mourante envisageait à la lumière de la foi sa fin , qu'elle