‹ Elizabeth SetonChapitre 23 sur 185 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

« La dernière confession que j'ai faite m'a laissée sous une impression de paix que mon âme n'avait plus connue depuis le départ de notre douce, chère Henriette. La mort ne m'apparaît plus sous cet aspect effrayant. Je puis maintenant y penser, méditer sur elle avec un grand calme. Mes souffrances de chaque jour me deviennent , je le vois , d'heure en heure plus précieuses, bien qu'il m'arrive quelquefois de me sentir comme épuisée, et même de souhaiter d'être délivrée. Mais je vois plus souvent encore, qu'au milieu de mes souffrances les plus douloureuses , je prie avec ferveur Notre -Seigneur qu'il ajoute encore à la part qu'il m'a faite, afin qu'il me purifie et qu'il me forme pour lui-même. Je ne saurais m'empêcher de croire, d'après la nature même de mon mal, que j'approche rapidement du terme de mon exil. Le pèlerinage a été pénible. La montagne a été bien rude à gravir ces derniers mois. Je n'en soupire que plus ardemment après le port du repos. Mais, ce port, l'atteindrai-je jamais?... N'y a-t-il pas encore en moi quelque péché non expié? S'il en est de* tels, j'ai confiance que mon Jésus voudra bien éclairer d'un rayon de sa lumière mon indigne cœur. Jusqu'à ce que cette heure se lève, la crainte, le doute, resteront là! mais Jésus parle paix et consolation. »

ELIZABETIl SETON

« Tvcs jours où je suis privée de la sainte communion , je ne suis plus la même créature. Je sens tellement plus de consolations maintenant qu'autrefois, dans mes communions! Selon nos besoins, Il nous donne. La mort et l'éternité sont constamment devant mes yeux. D'où vient cela? — C'est que vous m'avez donné quelques souffrances, très-cher Seigneur, quelques souffrances avec quelques malaises, peut-être plus pénibles encore à supporter, qui me font souvenir de la fragilité du fil qui retient ma vie. Je ne m'en suis pas toujours ainsi souvenue. Vous avez vu mon oublieuse faiblesse, et vous en avez eu pitié. Vous m'avez fait sentir, ô mon cher Maître, la vanité des choses terrestres, et maintenant je soupire après le moment qui brisera mes liens et qui me verra entrer dans mon repos. Taillez, crucifiez ce corps de péché, qu'il subisse en ce monde la peine qui lui est due, mais après, épargnez-moi, ô mon Jésus! A l'heure de la mort, assistez-moi, recevez-moi. »

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