CHAPITRE XVI
ELIZABETH SETON A M^e ELIZA SADLEU
8 mars.
« Je m'y attends! Bientôt, ma chère, chère Ceciha, chère mille fois, va prendre son essor. Oh ! Eiiza, que de liens nous attirent en haut aussi bien qu'en bas ! Et cependant , le cœur me fait défaut lorsque je pense à celte séparation. 'Personne ne saurait avoir seulement une idée de ce qu'elle est pour moi... mais... fiât ! ■}>
Dans les premiers jours d'avril, on transporta Gecilia à Baltimore , pour obéir à ce que demandaientlesmédecins. LamèreSeton, Anna et une des sœurs de la communauté l'accompagnèrent. On aurait pu lui épargner la fatigue de ce voyage, qu'elle n'avait pas désiré, et qu'Ehzabeth redoutait. La seconde semaine après son arrivée s'était à peine écoulée, qu'elle s'éteignait doucement, sans lutte ni souffrance, serrant le crucifix contre sa poitrine, et trouvant sur ses lèvres un dernier sourire pour dire adieu à sa sœur.
Elle fut portée le lendemain à la chapelle du séminaire de Sainte-Marie. Un nombreux clergé la précédait, suivi en procession par un grand
concours de fidèles, qu'avaient attirés la sainte renommée de la jeune morte, et l'intérêt qu'on éprouvait pour la mère Seton. Celle-ci voulut être présente à la messe qui fut célébrée solennellement pour le repos de l'âme de Cecilia. A sa sortie de la chapelle, après la cérémonie mortuaire, elle monta en voiture pour retournera Emmettsburg. Elle emmenait avec elle le cher cercueil qu'elle allait confier à la vallée de Saint-Joseph , et déposer à côté de la tombe d'Henriette. Un prêtre du clergé de Baltimore et la Sœur qu'elle avait emmenée furent près d'elle pendant ce funèbre voyage.
La mort prématurée de ses deux sœurs laissait un vide affreux dans l'existence d'Elizabeth. Dieu fut le confident de ce qu'elle souffrait. Elle baisa la main qui lui avait enlevé ces doux objets de l'affection la plus intime et la plus tendre. Elle se défendit contre l'égoïsme de sa douleur, en s'attachant à la pensée des célestes joies dont celles qu'elle avait perdues jouissaient. L'espérance qu'il lui était permis d'avoir pour ces deux angéliques créatures , se nourrissait sans cesse du souvenir de leur sainte mort , des mérites de leurs vertus , des sacrifices dont leur courte existence avait été remphe. Toujours présentes à sa pensée, ces mortes lui parlaient encore. Tous les jours on la voyait qui partait seule de la maison de