‹ Elizabeth SetonChapitre 26 sur 185 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

mis sa main , sa main tout à la fois si faible et si puissante.

Une lettre de la mère Seton , écrite à la fin de mai, cette même année, nous laisse voir ce qu'était dès lors son attente. « Nous avons eu, écrivait-elle, la maladie sans trêve dans notre maison pendant tout l'hiver; et j'ai été obligée de faire bien des frais et de marcher à travers toutes sortes de difficultés, très-naturelles dans une œuvre telle que celle où je me suis engagée. Vous le comprenez, l'ennemi de tout bien, naturellement, fait tout son possible pour la détruire. Mais il semble que notre adoré Seigneur ait dessein qu'elle obtienne un plein succès, tant il y a engagé de sujets excellents. Nous sommes douze maintenant, et autant sont dans l'attente de leur admission. J'ai une très-grande école à surveiller, avec la charge de donner l'instruction religieuse à toute la contrée environnante. Tous ont recours aux Sœurs de Charité, qui sont jour et nuit dévouées aux malades et aux ignorants. Notre saint évoque a l'intention de transférer quelques-unes d'entre nous à Baltimore , afin qu'elles y accomplissent les mêmes offices qu'ici. La maison que nous avons est trèsbonne, bien que ce ne soit qu'une log-house ; elle restera la maison-mère, et la maison de retraite dans tous les cas ; car il faudra toujours

qu'une partie des Sœurs y demeurent pour surveiller les fileuses et celles qui tissent et qui tricotent, et tenir l'école des gens de la campagne, qui devient chaque jour plus nombreuse. Notre saint évêque aime tant notre maison , qu'on dirait que nous soyons la portion la plus chérie de son troupeau. C'est pour moi la consolation de toute difficulté et embarras. Tout le clergé d'Amérique nous assiste de ses prières. Il y a grand espoir que ce qui s'est commencé ici soit le germe d'un bien immense à l'avenir. Vous vous étonnerez que Notre-Seigneur ait pu choisir pour y présider une personne telle que je suis; mais vous savez qu'il se plaît à faire éclater sa force parmi la faiblesse, et sa sagesse parmi l'ignorance. Que son saint nom soit béni ! C'est sur les humbles, les pauvres, c'est sur ceux que nul ne défend , qu'il se plait à répandre ses plus grandes miséricordes, afin de se servir d'eux comme d'exemple pour encourager les pauvres pécheurs. »

L'esprit de charité, de mutuel accord, régnait sans le moindre nuage dans la communauté de Saint-Joseph. La mère Seton ouvrait son cœur au sentiment de doux repos que lui faisait goûter une union si parfaite. Elle en rendait sans cesse grâces à Dieu. Ce qui la

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