‹ Elizabeth SetonChapitre 27 sur 185 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

touchait le plus, c'est qu'elle y voyait l'accomplissement de la parole du divin Maître : C'est à cela qu'on reconnaîtra que vous êtes mes disciples : c'est si vous votis aimez les uns les autres. Elle attendait cette année-là, avant la fin de la belle saison , la visite de M^ie Sadler, protestante encore, mais attirée sensiblement vers la religion catholique. Son amitié aimait à se figurer la grande édification, ou tout au moins les bonnes impressions, que la nouvelle arrivée, déjà favorablement prévenue, ne manquerait de recevoir en vivant dans un intérieur où la piété se laissait voir sous un jour si doux. Renouvelant auprès de son amie les instances qu'elle avait déjà faites pour hâter sa venue : « La seule pensée de votre visite, lui disaitelle, nous cause une joie que vous ne sauriez imaginer. La solitude de nos montagnes, le silence des tombes d'Henriette et de Cecilia , vos petits enfants courant et sautant à travers nos bois, cueillant pour vous à chaque pas les fleurs sauvages dont la terre ici est couverte dès que le printemps a paru ; le bon ensemble de notre maison, qui est très -confortable, très-vaste; tout au bout, à l'extrémité d'une des ailes, notre chère, chère chapelle, si soignée, si tranquille; — là, dans ce tabernacle, habite, comme nous le croyons, vous savez bien qui, notre cher Seigneur ! — Et tout

ceci n'est pas un songe ; ce n'est qu'une faible partie des réalités d'oili viennent nos bénédictions. Il faut que vous-même en soyez témoin, pour comprendre comment, depuis le premier jusqu'au dernier jour de la semaine, tout est harmonie, tout est tranquillité; toutes et chacune s'encourageant et se venant en aide l'une à l'autre par de bienveillants regards. Il faut vraiment le voir pour le croire. Le monde entier n'aurait pu me persuader que ce fût possible, si moi-même je ne l'avais vu. Aussi, il vous est permis d'être incrédule ; mais venez seulement, et voyez. Nous n'avons aucune espèce de société , si ce n'est celle de notre pasteur de la montagne. C'est un homme distingué, simple, et un vrai saint. Il vient nous dire la messe à la chapelle , au lever du soleil , tous les jours, toute l'année. Si quelqu'une de nous a des peines, on les lui porte; on trouve consolation près de lui, et tout est enseveli dans un profond silence. »

D'autres lettres de cette époque, adressées à la même amie, portent cette empreinte de calme qui nous apparaît ici. Elles ont la sérénité, compagne de la douleur chrétiennement acceptée , et fidèle aux soins de la vie active. « 0 ma chère Eliza, si vous pouviez respirer l'air de nos montagnes, si vous pouviez goûter la paix de ces bois profonds et de nos ruis-

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