‹ Elizabeth SetonChapitre 31 sur 185 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

zèle et prudence, fut couronnée du plus heureux succès ; trois religieuses en résidence à Bordeaux furent désignées pour passer aux États-Unis. Pendant qu'elles attendaient de recevoir leur ordre d'embarquement , l'une d'elles, la Sœur Marie Bizeray, supérieure, ou, pour dire plus exactement, Sœur servante ^, adressa aux Sœurs de la communauté de Saint- Joseph la lettre que voici :

Bordeaux, le 12 juillet 1810.

« Mes chères sœurs,

« Comme il n'est pas encore en mon pouvoir de quitter la France, je vous écris pour vous donner la preuve que vous êtes l'objet de mes pensées. J'espère être assez heureuse pour

1 Ou appelle Sœws servantes dans la compagnie Jes supérieures des établissements particuliers, le titre de supérieure étant réservé à la seule supérieure générale. Cet usage remonte au 20 juin 1642. Dans la conférence de ce jour, Vincent de Paul se rappela avoir entendu, au monastère des Annonciades fondées par sainte Jeanne de Valois, appeler la supérieure anceJle (du latin ancilla). « Cela m'a fait penser, dit-il b. ses filles, que vous n'appelleriez plus désormais vos supérieures du nom de supérieures, mais que vous les appelleriez servantes. Que vous en semble?» Toutes approuvèrent. « C'est le nom que prend le pape.

VOUS voir dans peu de mois, selon que le Tout- Puissant, qui nous appelle à notre saint état, et qui m'a inspiré ainsi qu'à plusieurs de mes sœurs le désir de vous être utile, voudra bien disposer les voies pour notre départ. Il plaît à ce Dieu tout-puissant qui a fait choix de pauvres pêcheurs, hommes faibles et ignorants, pour être les fondements de son Église, d'employer de nos jours les instruments les plus faibles pour la gloire de son nom. Certainement l'emploi qu'il en fait lui est agréable , puisqu'ils serviront à fonder un établissement dont le seul objet est d'assister ses membres souffrants. Oh ! qu'elle est belle cette vocation qui nous appelle à marcher sur les traces de notre divin Sauveur, à pratiquer les vertus dont il nous a donné l'exemple, et à nous offrir nousmêmes en sacrifice à Celui qui s'est offert pour nous! Quelle reconnaissance, quel amour, ne devons-nous pas à ce tendre Père, qui a daigné nous choisir pour cette sublime vocation ! « Remercions - le donc , chères sœurs , et

ajouta Vincent, qui s'appelle le sénateur des serviteurs de Dieu. — Il y a longtemps, dit-il encore, que je souhaite et voudrais bien que nos Sœurs en fussent venues à ce point de respect entre elles, que le monde du dehors ne pût jamais connaître laquelle Sœur est la Sœur servante. » — Saint Vincent de Paul, sa vie, son temps, ses œuvres, son in fluence,-çi3iï y 'àbbé Maynard. Paris, 18fi4.

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