CHAPITRE XVII
constitutions au commencement d'août 1810; elle les adopta aussitôt en principe. Mais pour les accepter définitivement, elle dut attendre qu'on eût réglé plusieurs détails importants qui furent l'objet de conférences entre M. Carroll, l'archevêque diocésain, M. Dubois, le supérieur de Saint- Joseph, et M. Nagot, le supérieur des Sulpiciens de Baltimore.
Après quelques modifications dont l'opportunité était laissée à l'appréciation de ses supérieurs, la communauté allait se constituer entièrement sur le modèle de la Compagnie des Filles de la Charité. Comme les statuts, constitutions, règles et usages de cette admirable Compagnie sont absolument les mêmes que du temps de saint Vincent de Paul, et n'ont subi de modification à aucune époque , nous avons maintenant le bonheur de pouvoir demander au saint fondateur lui-même, qu'il nous apprenne ce que fut son œuvre dans l'origine, et ce qu'elle est encore aujourd'hui.
Les règles communes des Filles de la Charité, telles qu'elles leur furent données dans les assemblées du mois d'août '1605, par saint Vincent de Paul — Monsieur Vincent, comme on l'appelait alors — sont divisées en neuf chapitres, et d'abord:
ai. — De la fin et des vertus fondamentales
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de leur Institut. Cette fin est d'honorer Notre- Seigneur Jésus -Christ comme la source et le modèle de toute charité ; le servant corporellement et spirituellement en la personne des pauvres, soit malades, soit enfants, soit prisonniers; ou autres, qui, par honte, n'osent faire paraître leur nécessité. Pour correspondre dignement à une si sainte vocation et imiter un exemplaire si parfait, elles doivent tâcher de vivre saintement, et travailler avec grand soin à leur propre perfection ; joignant les exercices intérieurs de la vie spirituelle aux emplois extérieurs de la charité chrétienne.
« Encore qu'elles ne soient pas dans une religion \ cet état n'étant pas convenable aux emplois de leur vocation, néanmoins, comme elles sont beaucoup plus exposées au dehors que les religieuses -, n'ayant ordinairement
1 Dans une religion, c'est-à-dire dans un couvent , selon l'ancienne acception de ce mot.
2 11 ne faut pas se méprendre sur le sens que saint Vincent donne à ses paroles lorsqu'il dit aux filles de la Charité qu'elles ne sont pas des religieuses. 11 s'en est expliqué lui-même dans un discours qu'il leur adressa. « Qui dit religieuse dit cloîtrée, re marque- 1 -il, et les Filles de la Charité doivent aller partout; vous n'êtes donc pas des religieuses. » D'ailleurs, les Filles de la Charité, non-seulement ne font pas de vœux solennels, mais pas même de vœux simples à perpétuité. Les vœux qu'elles prononcent ne sont qu'annuels et intéiieurs; elles les renouvellent