CHAPITRE XVII
dilations, deux examens particuliers, un examen général, une lecture spirituelle. Le reste du temps est employé au service du prochain ou à des travaux manuels, remplacés le dimanche par des exercices spirituels et le soin de sa propre instruction. Doux heures d'entretien édifiant, pendant lesquelles une Sœur, à ce destinée, dira de temps en temps : « Souvenons-nous de la présence de Dieu '. »
A partir de la mémorable journée où les premières Filles de la Charité, réunies sous la présidence de Mademoiselle Legras , entendirent la lecture de ces règles et y donnèrent toutes leur assentiment, Vincent de Paul, déjà octogénaire, ne cessa de leur en expliquer la portée générale , et de leur en faire comprendre l'esprit. Les conférences qu'il leur donnait avaient lieu une fois chaque semaine ; toutes les paroles qui furent prononcées alors , écoutées avec avidité et recueillies avec attention, ont été précieusement conservées ; elles sont encore aujourd'hui, après les saintes Écritures, la Bible des Filles de la Charité. Dans l'impossibilité où nous sommes, à notre grand regret, de les pouvoir citer toutes, nous en rappellerons seulement quelques-unes, qui recommandent l'observation générale des règles de la Compagnie.
1 Voir la note 10 à la fin de ce volume.
78 ELIZABETII SETON
c( Sans doute, mes filles, disait le saint, que vous avez entendu parler de la conduite qu'observent les nautoniers lorsqu'ils sont en pleine mer, et quelquefois à plus de cinq cents lieues loin de la terre. Eh bien, ils sont en parfaite assurance, tant qu'ils observent les règles de la navigation; mais s'ils y manquaient, ou que les voiles fussent à contre -temps, alors ils courraient grand risque de se perdre. Il en est de même, mes filles, de toutes les communautés, et particulièrement de la vôtre. C'est un petit vaisseau qui vogue en pleine mer, mais sur une mer très - périlleuse et où les dangers sont multipliés. Votre fidélité à votre vocation, votre bonne conduite, et la pratique soutenue de vos règles y font toute votre assurance. Ne craignez donc pas, vous êtes dans le vaisseau même où Dieu vous a fait entrer par son inspiration ; un bon pilote vous est nécessaire afin qu'il veille pour vous pendant que vous dormez. Et qui pensez-vous qui soient les pilotes si nécessaires pour conduire votre vaisseau ? Vos supérieurs , mes filles , qui doivent vous avertir de tout ce que vous avez à faire pour arriver heureusement au port. Vous aurez ce bonheur, si vous leur obéissez ponctuellement, et si vous êtes fidèles à la pratique de vos règles