‹ Elizabeth SetonChapitre 45 sur 185 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

outre le soin des tribus indiennes de Penobscot et de Pdssamoquoddy , sur la frontière du Nouveau-Brunswick , tribus évangélisées au xvii" siècle par les Pères de la Compagnie de Jésus, et demeurées célèbres pour leur fidélité à la foi. Le zélé m.issionnaire avait appris d'une vieille Sauvagesse la langue que parlaient ces pauvres Indiens. Il se rendait au milieu d'eux pendant plusieurs mois chaque année. Se consumant alors de fatigues , de courtes et de veilles, il voyageait à pied, un bâloQ à la main ; traversait dans un frêle canot les grands lacs, les fleuves débordés, les courants rapides ; couchait la nuit sur la terre à l'abri de quelques branchages, ou plus souvent encore sous son canot renversé : allant et venan.t d'uno tribu à l'autre, pour porter partout les bienfaits de son ministère, ne tenant aucun compte de ses peines , et se regardant comme « un serviteur inutile qui n'aurait encore rien fait ». Lorsqu'après ces rudes travaux il revenait à Boston , c'était pour y trouver moins de consolation, souvent, qu'au milieu de ses Sauvages. La capitale du Massachusetts demeurait un des centres de la résistance protestante à l'action grandissante du catholicisme. Pour combattre les préjugés anciens, pour triompher d'eux, comme on y parvint d'une manière surprenante, pour soutenir les espé-

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rances de la congrégation fidèle , il fallait, avec l'aide de Dieu , des efforts incessants et d'héroïques exemples '.

Il était un endroit peu éloigné de Baltimore où l'on pensait souvent à M. de Gheverus, depuis qu'on le savait arrivé dans le Maryland. A Emmettsburg, qui ne le comprendra? rien n'eût égalé le bonheur qu'aurait apporté sa présence. Jamais Elizabeth n'avait encore aperçu celui qui depuis six ans lui était à la fois comme un ami et comme un père. Il s'était rapproché d'elle, et cependant elle ne l'attendait pas. Sachant le besoin qu'avaient de lui tant d'âmes dont il était l'unique pasteur, elle ne s'était pas permis de demander sa visite. II plut à

1 Peu de temps après son arrivée dans soa diocèse, M. Garroll alla visiter les catholiques de Boston, au nombre de cent vingt environ. Nous trouvons les lignes suivantes dans une lettre écrite par lui à cette époque. « C'est prodigieux d'avoir à raconter les grandes marques de politesse qui m'out été données en cette ville où un prêtre papiste était regardé, il y a encore si peu d'années, comme le plus grand monstre de la création, Plusieurs personnes ici, même parmi celles que l'on compte le plus, m'ont avoué qu'il n'y a pas longtemps elles auraient passé de l'autre côté de la rue pour éviter de rencontrer un catholique romain. L'horreur qui s'associait chez eux avec l'idée d'un papiste n'est pas croyable; ce qui l'entretenait, c'étaient les discours scandaleux dans lesquels leurs ministres, tous les dimanches, défiguraient la religion catholique. » Voir the Bev. C. J. White, plusieurs fois cité.

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