‹ Elizabeth SetonChapitre 48 sur 185 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

pour qui tant de larmes de regrets, tant de soupirs, tant de prières pour demander son repos se sont élevés vers le ciel ; pour qui tant de communions ont été faites, si convaincue que j'étais qu'il n'existait plus ! Et nonseulement il est vivant, mais son rétablissement est assuré, et ni lui ni vous n'êtes fâché contre votre pauvre petite sœur, ni n'avez songé à l'abandonner. Oh! quelle immense consolation, quel profond bonheur, après tant d'actes de résignation que j'ai faits, non-seulement au sujet de voti'e précieuse existence, si exposée, cher Filippo, dans l'état de danger où je vous savais, mais encore à l'égard de cette amitié et de cette protection qui est ici -bas notre unique richesse... 0 vous les plus chéris, les plus généreux de tous les amis ! nos cœurs, — vos trésors à vous, — ne vous manqueront jamais, jamais.

(( Si vous n'avez pas reçu d'autre lettre de moi que celle dont vous me parlez, vous n'avez sans doute pas appris l'heureuse conversion de notre Henriette Seton, suivie, hélas! d'une prompte mort... Mais la mort de Cecilia, M.Zocchi a dû vousendire tous les détails. Celle d'Henriette a été également accompagnée de grandes consolations. Je les ai là, toutes les deux , qui reposent auprès de notre demeure ;• j'y vais dire mon Te Deum tous les soirs. Oh

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Antonio, si vous pouviez, vous et Filippo, savoir seulement une faible partie du bien que vous nous avez procuré à elles et à moi ! Mon Anna marche sur leurs traces ; elle est un modèle de beauté, d'amabilité, de grâce, au dedans comme au dehors. Elle est admirée, — il serait impossible qu'elle ne le fût pas ! — comme une merveilleuse enfant de bénédiction , non-seulement pour sa mère, mais pour bien d'autres encore. Mes deux autres petites sont excellentes. Elles n'ont de pensées ni de paroles que pour aimer notre cher Seigneur et le servir ; je ne dirai pas dans la vie religieuse , — à leur âge cette pensée ne saurait venir, — mais en se donnant tout entières à lui, quelque part qu'il les veuille.

(( L'espérance, même si lointaine, que vous me donnez , qu'il serait possible que vous fissiez un voyage en ce pays-ci , est comme un rayon de lumière au milieu de mes sombres pensées sur l'avenir de mes pauvres enfants. Non que je me mette en peine pour leur fortune temporelle. Notre-Seigneur sait bien que je ne m'attristerai jamais de les voir même indigents, si seulement ils demeuraient fidèles à leur foi, et s'ils y conformaient leur vie. Mais leur avenir, si la mort m'enlevait à eux, serait aussi désolant que possible ; et ne pourrait cesser d'être tel, au point de vue humain, que

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