‹ Elizabeth SetonChapitre 49 sur 185 · CHAPITRE XVIIl · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIIl

s'ils étaient remis entre les mains de nos anciens amis ; ce qui serait la ruine certaine de leur croyance. Je remets tout, soyez- en certain, à Celui, comme vous le dites, qui nourrit les oiseaux du ciel. Mais dans l'état d'affaiblissement, d'ébranlement, où est maintenant ma santé, à peu près détruite, je ne puis les regarder tous les cinq sans éprouver les craintes et les pressentiments d'une mère qui n'a de pensée ni de désir qu'en vue de leur éternité. Notre saint Cheverus , lorsqu'il vint nous voir l'hiver dernier, a trouvé qu'ils donnaient, eux tous, de grandes espérances ; et il m'a encouragée à compter qu'il ferait tout ce qu'il pourrait pour les protéger. C'est à lui, et à des cœurs tels que les cœurs des Filicchi , que je les confie en ce monde.

« Le bonheur que nous avons de posséder la confiance de tant de familles respectables qui nous remettent entièrement leurs enfants , fait que nous sommes en état de marcher trèsbien , sans dettes ni embarras. J'espère que notre adorable Maître a déjà opéré beaucoup de bien par notre établissement. Nos élèves sont au nombre de cinquante, sans compter les enfants pauvres qui n'ont pas le moyen de payer pour leur éducation.

« M, CarroU est notre protecteur, maintenant plus que jamais. Il nous est véritablement

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très-attaché. C'est lui-même h présent qui a pris la charge de supérieur de notre maison, qu'il avait d'abord confiée à un autre. Ainsi, tout ce que je fais, tout ce que j'ai à décider, même sur les points de petite importance, est et sera réglé par lui uniquement, et par notre saint Cheverus.

(( Oh! Antonio, combien la l)onne œuvre que vous avez tant aimée a grandi, et s'accroit encore, dans noire sauvage pays des hois , comme vous aviez coutume de l'appeler!

Béni, mille fois béni, soit à jamais son saint nom !

« Vous m'adressez vos lettres à Baltimore; mais nous sommes à cinquante mille au delà, au milieu des bois et des montagnes. Ah ! si nous avions ici vos chers enfants si chrétiens, avec leur père et avec leur mère, ce serait un vrai paradis pour moi. Point de guerres parmi nous, pas même de bruits de guerre. Des champs couverts de riches moissons, l'éghse de Sainte-Marie dans la montagne, l'église du village de Saint- Joseph , et notre vaste loghouse, qui renferme une chapelle particulière, où réside continuellement notre adoré Seigneur : voilà nos richesses. Leur apparence modeste n'a pas empêché un des orateurs les plus éloquents et les plus élégants du barreau de New-York d'écrire autrefois à notre pauvre

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