‹ Elizabeth SetonChapitre 50 sur 185 · CHAPITRE XVIII lOo · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII lOo

Henriette, qu'entre autres raisons qu'elle devait avoir pour ne pas prêter l'oreille à « la voix de sirène de sa sœur », il fallait qu'elle sût que, d'ici à peu d'années, toute maison bâtie par un catholique serait rasée jusqu'à terre ; et que , pour ce qui est de notre maison , d'ici à très -peu de temps, on la renverserait sur notre tête. Ce serait faire là, il faut en convenir, une chose assez étrange dans la terre de la liberté !

« Veuillez dire à votre très- cher et vénéré frère que mes prières pour lui, bien que n'allant plus le chercher au delà du tombeau, n'en seront pas moins continuelles. Les enfants s'approchent tous de la sainte table une fois par mois, excepté la petite Rebecca; Annina, une fois par semaine. Et croyez-moi, l'exemple et l'influence de leur mère ne font pas défaut pour exciter en chacun d'eux toute espèce de gratitude et de vive affection pour leurs véritables et plus chers amis et meilleurs pères qui, non contents de leur avoir conservé la vie en ce monde , les ont conduits à la lumière de la vie éternelle. Notre famille tout entière, les Sœurs, les enfants, tous, s'unissent dans les mêmes sentiments que nous éprouvons. Un grand nombre de communions ont été et seront offertes pour vous deux par des âmes qui n'ont aucune espérance de vous connaître, si ce n'est dans

le ciel. L'éternité! mon frère, la passeronsnous ensemble? J'ai tant reçu, moi qui nonseulement ne méritais rien , mais qui avais tout fait pour contraindre la main adorable de Dieu à me tout ôter, que j'ose espérer cette faveur encore ! cette faveur, que je ne cesse de solliciter comme une des plus chères et des plus désirées. Si c'est ici la dernière fois que je m'entretiens avec vous en ce monde, continuez toujours , je vous le recommande, à prier pour moi. Si je suis écoutée en l'autre monde, oh! Antonio, que n'obtiendrai -je pas pour vous, pour votre Filippo et pour tous les vôtres 1 Que les bénédictions qui nous sont venues par vous , vous soient rendues un millier de fois !... A vous pour toujours. »

ELIZABETH SKTON A «"^i^ JUHA SCOTT

10 juillet 1811.

« Vous êtes inquiète de savoir si je suis encore en vie, ou si je n'ai pas fondu par ces brûlantes chaleurs. J'en conviens, ma trèschère, notre New-York a des brises rafraîchissantes qui ne pénètrent jamais jusqu'à notre pays des bois. Mais aussi, ce pays des bois est habile par un hôte divin après lequel j'ai sou-

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