‹ Elizabeth SetonChapitre 53 sur 185 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

directeur, et je vois qu'il fait quelques observations sur ma situation relativement à elles. Assurément , il ne faut pas qu'on tienne compte d'une unique personne, là où le bien général est en question. Pour ma part, vous le savez, je ferai avec joie tel sacrifice que ce soit, que vous estimeriez compatible avec mes devoirs de mère; ces devoirs, qui pour moi sont les premiers de tous, et dont rien au monde ne me détacherait. J'attends de la bonté de M. Dubois qu'il ne vous cache rien de ma situation et de mes dispositions telles qu'il les connaît. Si je sais me connaître moi-même, elles lui sont connues, à lui, aussi bien qu'à Dieu. »

Elle écrivait vers ce même temps à une de ses amies : « Suivant les lois de l'Église , qui me sont si chères, je ne pourrais accepter aucun engagement qui viendrait s'interposer entre moi et mes devoirs envers mes enfants. A moins que je n'eusse trouvé pour eux des ressources indépendantes et un tuteur. Et encore, à mon sens, le monde entier ne ferait pas qu'un tuteur fût capable de suppléer une mère. »

A cette même amie. M"»» Sadler, quelques semaines plus tard, — septembre 1811 : — « Maintenant, dit- elle , tout est de nouveau en suspens, et je songe à me préparer pour

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recommencer de vivre dans le monde. Quoi qu'il arrive, nous serons toujours sous la protection du Très-Haut, du Très-Puissant. Vraiment je serais heureuse, pour ma part, si je pouvais inspirer à votre chère âme autant d'indifférence qu'il s'en trouve dans la mienne, du moment où je sais que, pendant le peu de jours que dure ce pèlerinage terrestre, l'adorable volonté de Dieu s'accomplit en moi. Je le fais, ce pèlerinage, au milieu de tant de larmes, il est semé de tant de croix, qu'assurément la joie se trouvera au bout avec le repos éternel.

« E.egardez là-haut : les plus élevés au ciel ne furent-ils pas les plus abaissés sur la terre? Ce qu'ils ont ambitionné le plus , c'était la pauvreté et l'humiliation, ces compagnes fidèles de leur Maître, et de notre Maître, pendant sa vie toute de douleur. Ce n'est pas pour vous que je dis ceci , c'est pour celle en qui je vous vois souffrir plus qu'en vous-même. Mais, chère amie, si Notre-Seigneur ne nous donnait que nos propres misères à porter, sans nous affliger en ceux que nous aimons au point d'avoir fait d'eux la meilleure partie de nous-mêmes , nous ne souffririons pas de la même manière que lui, qui n'a tant souffert qu'à cause de nous, et à cause des outrages faits à son Père... C'est maintenant que nous sommes dans la

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