CHAPITRE XVllI
l'archevêque de BALTIMORE A ELIZABETH SETON
Baltimore, 11 juillet 1811.
« Très-honorée et chère Madame ,
« Vous avouerai-je que je me sens profondément confus de me voir appelé à donner ma sanction définitive à une règle de conduite et à un plan de gouvernement religieux destiné à faire naître et à entretenir chez un grand nombre d'épouses bien-aimées de Jésus-Christ l'esprit d'une solide et sublime perfection? Quand je songe h combien de prières, déjeunes et de veilles les premiers fondateurs de ces instituts religieux ont eu recours pour obtenir les lumières et l'assistance de l'Esprit-Saint, avant d'approprier leurs règles et constitutions aux fins que leur zèle se proposait, j'éprouve un tel sentiment de mon indignité, que je n'hésiterais pas à décliner la tâche qui m'est offerte, si je n'avais la confiance que Dieu se plaît souvent à répandre sa bénédiction sur les actes des ministres de la reUgion qu'il a établie lui-même ; bénédiction à laquelle assurément ils n'ont aucun titre si l'on ne considère que leur mérite personnel. C'est sous l'impression de ces sentiments que je donnerai, et que je donne
1IG LLIZABETH SETON
dès à présent, mon approbation aux constitutions qui m'ont été présentées par M. Dubois; après toutefois qu'elles auront subi les modifications qui lui seront indiquées ou qu'il pourra suggérer lui-même. Vous saurez par lui en quoi consistent ces modifications.
c( C'est pour moi une grande satisfaction d'apprendre que tous les points importants sur lesquels on croyait à une divergence d'opinion ont été réglés par MM. de Saint-Sulpice lorsqu'ils en ont délibéré pour la dernière fois. Si ces points n'avaient été réglés, je ne pense pas que j'eusse pu approuver les constitutions telles qu'elles ont été formulées dans la copie que j'ai eue sous les yeux,
« M. Dubois ne m'a pas exposé les règles de détail qui concernent les fonctions particulières des Sœurs. Mais ces choses étant au nombre de celles dont vous- même et votre Père supérieur pouvez être les meilleurs juges, je vous donne tout pouvoirpour en décider, vous, votre supérieur et les Sœurs , ayant une entière confiance que l'Esprit-Saint vous guidera.
« J'attache une extrême importance à ce que l'on accorde aux Sœurs , non-seulement en général, mais à chacune d'elles en particulier, toutes les facilités qui peuvent contribuer à mettre leur conscience en repos, pourvu que cela se fasse sans nuire au bon ordre de la