‹ Elizabeth SetonChapitre 60 sur 185 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

on lui administra les derniers sacrements. Elle les reçut avec des sentiments de ferveur extraordinaires ; calme et sereine en face de la mort , occupée à donner du courage aux personnes qui l'entouraient, éloquente à leur persuader d'oublier la terre et d'élever leurs âmes vers les pensées éternelles. C'est à sa mère qu'il appartient de parler d'elle, à sa mère seule.

« Elle est si calme, si épuisée, que le moment, je le crois, peut être très-proche. Bien chère et charmante m'est assurément ma tendre enfant , et pourtant je la verrais plutôt partir dans son innocence, que je ne voudrais la voir vivre sous un fardeau de douleur et de péché semblable au mien ! Elle ne peut souffrir qu'aucune de nous verse une larme sur elle. Baignée d'une froide sueur, haletante à chaque souffle, incapable d'articuler un mot. Seulement : Ma mère! mon Sauveur! et cependant, avec de tels regards de tendresse et de joie dans l'attente de son départ, qu'en moi, la nature elle-même se voit contrainte de consentir h, se séparer d'elle ! »

Samedi.

Le pauvre William est venu. Comme il a été ému des recommandations de la chère patiente ! « Soyez bon, soyez bon! Oh! quand vous vous trouverez au lit de^mort comme j'y suis maintenant, combien vous souhaiterez d'avoir été bon, et de n'avoir jamais offensé notre cher Seigneur! Oh ! si je ne l'avais jamais offensé ! »

2 février, fête de la Purification.

(( Au pied de notre céleste mère, écoutant la prophétie du vieillard Siméon sur l'adorable Jésus , au moment où lui-même approcha pour se donner à elle.... La douce heure d'amour et de paix avec Jésus, pendant qu'elle se tenait assise sur son lit de douleur, moi agenouillée à côté d'elle.... Et lorsque je l'enveloppai dans ses couvertures après qu'elle se fut recouchée, et que je marquai son front du signe de croix accoutumé , elle me dit avec le plus ravissant sourire : Encore un peu de temps et vous me verrez, et encore un peu de temps et vous ne me verrez plus, parce que je vais à mon Père. Et alors , comme si elle eût craint que ce fût trop osé de s'être servi de paroles tellement sacrées, elle ajouta : « C'est ainsi qu'a dit notre cher Seigneur. » — Même dans son sommeil , elle s'écrie souvent: « Éternité! éternité ! »

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