‹ Elizabeth SetonChapitre 63 sur 185 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

qui ne cessera pas ! éternité de soupirs qui n'auront pas de fin! Oh! puissé-je écliapper à. ces effroyables tourments ! »

Entièrement détachée de toute pensée terrestre , elle exprima seulement le désir de mourir Sœur de Charité, pour accomplir au seuil de la mort, mais encore vivante, le sacrifice qu'elle avait espéré faire à Dieu dans la fleur de ses jeunes années. Cette grâce lui fut accordée; et comme le délai qu'on avait exigé pour la probation des religieuses n'était pas encore écoulé, on abrégea, en faveur de celle qui n'avait pas le temps d'attendre, le délai qu'on avait fixé.

La veille même de sa mort, elle se lia parles saints engagements de pauvreté, de chasteté et d'obéissance ; et c'est ainsi que , devenue véritablement épouse de Jésus-Christ, elle put emporter en mourant le titre de première Sœur professe de la communauté.

Le matin du jour où elle expira, elle fit appeler près d'elle Catherine et Rebecca, ses deux petites sœurs; et elle leur demanda de chanter à genoux, au pied de son lit, ces paroles d'un cantique qu'elle aimait :

Quand toutes les puissances de l'enfer m'environneraient, Je ne craindrais aucun mal; Tant que j'aurai mon Jésus pour ami.

Je ne craindrai aucun dauser.

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C'était une scène à fendre le cœui'. Le vœu que leur exprimait une sœur mourante donna d'abord à ces pauvres enfants une sorte de courage et d'empire sur elles-mêmes. Refoulant leurs larmes, et surmontant l'émotion qui les suffoquait, elles essayèrent de chanter. Leur voix mal assurée s'éleva peu à peu , et l'on entendait distinctement leurs paroles. Mais au bout de quelques moments , n'en pouvant plus de ces efforts, elles s'interrompirent sans pouvoir après retrouver leurs forces. Elizabeth, debout au chevet du lit, comme Marie au pied de la croix, soutenait dans ses' bras sa fille expirante ; des larmes roulaient en silence le long de son visage, tandis qu'au faible mouvement de ses lèvres on pouvait voir qu'elle priait. Quand la dernière lutte commença, quand elle entendit les derniers sanglots, la respiration entrecoupée , elle se remit sans résistance enlre les mains compatissantes qui cherchaient à l'entraîner loin de cette vue lamentable. Quelques-unes des Sœurs prirent sa place, et elle se relira auprès du saint Sacrement, où elle demeura prosternée jusqu'à ce que tout eût été fini.

L'âme pure d'Anna fut recueillie par les anges le 12 mars 1812. Peu de jours encore, et elle eût atteint sa dix-huitième année.

Le lendemain, on conduisit ses restes mortels

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