CHAPITRE Xl\ Ul
les jours se succédant aux jours, bien loin de la guérir , la rendaient plus sensible et plus vive.
M. Dubois s'était dévoué avec grande affection à la communauté de Saint- Joseph; il en était à la fois le directeur, le protecteur et l'ami. Tous les matins, par toutes les saisons, il se rendait avant Taube du jour à la chapelle des Sœurs pour y célébrer la sainte messe. La distance est de deux milles entre leur maison et le petit séminaire du Mont-Sainte-Marie. C'était une course de quatre milles que le bon prêtre avait à faire tous les jours, avant d'entrer dans les travaux de l'existence la plus remplie. Mais aucun dévouement n'était de trop pour lui. A le voir dès ce temps-là, on pouvait prédire ce qu'il serait, dans la suite, comme évêque. Les courses et la vie laborieuse du supérieur du Mont-Sainle-Marie et de Saint- Joseph , du desservant des congrégations qui avoisinent Eaimettsburg, n'étaient que le prélude à ces voyages de plusieurs milliers de milles que le pasteur de l'immense diocèse de Nevv^-York devait entreprendre un jour, seul, à pied, pauvrement, ne connaissant, comme il l'écrira plus tard ', d'autre délassement à ses fatigues que les travaux du confessionnal et le
1 Voir la note 12 à la fin de ce volume.
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soin d'administror les secours à ses pauvres malades.
Grâce aux efforts de M. Dubois, le séminaire de la montagne, ouvert en ISrjO, avait pris une extension telle, qu'on y comptait déjà plus de quarante élèves en 1810, et soixante élèves l'année d'après '. Non -seulement le dévoué supérieur avait la haute direction de la maison et des élèves, mais il remplissait encore auprès d'eux les fonctions de professeur dans les principales branches de renseignement. Sitôt que la surveillance des études ne réclamait plus sa pré.^ence, il s'occupait de ses pauvres, de ses malades. On le voyait courir au loin , prêcher, catéchiser, administrer les sacrements. La nuit même , souvent, ne lui apportait pas le repos ^
1 Le Mo ut-Sain te-ilarie eut jusqu'à 110 élèves en 1824 , et (kos les années précédentes. Voir Annale.? de l'Association de la propagation de la foi, n" V, anaée 1825.
2 M. Bnité, l'évèqiie de Vincennes, raconte, comme un exemple du zèle et de la charité de M. Embois, qu'un jour, un samedi, après avoir entendu des coùfessions pendant toute la soirée, il partit à cheval, à la nuit, pour aller administrer les derniers sacrements à une mourante, près de Montgomery, à une distance de trente-cinq à quarante milles. Il était de retour à la montagne dés le matin , pour y entendre les confessions, et après, chanter la grand'meB.çe, et annoncer la parole de Dieu. Personne, presque, ne sut qu'il avait été absent. Voir A. Brief Sketch of the hùtonj of the catholic Church on the island of Nevj-York, hy the E«;v. J. R. Bayley.