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CHAPITRE XIX

En 1810, M. Carroll, pénétré de la nécessité (le diminuer son fardeau , lui donna pour auxiliaire, malgré la disette de prêtres, un ancien missionnaire du Saint-Esprit, M, Duiiamel, émigré français, que la fureur révolutionnaire avait poursuivi naguère jusque sous le climat meurtrier de la Guyane, où depuis près de neuf ans son ministère le retenait.

A partir de l'année 1795, M. Duhamel, réfugié aux P2tats-Unis, avait eu charge d'àmes au milieu des congrégations qui environnent Hagerstown dans le Maryland, sur la frontière de la Pensylvanie. Il avait presque usé ses forces à les servir, quand M. Carroll l'appela au sein de la congrégation d'Emmettsburg.

Deux ans après l'arrivée de M. Duhamel, M. Dubois avait reçu un second coopérateur, M. Brute de Remur, que nous avons vu s'embarquer, au mois d'avril 1810, sur le navire qui ramenait M. Flaget de France en Amérique. Pour assurer la prospérité de l'important établissement du Mont-Sainte-Marie, on ne pouvait faire choix d'un prêtre plus capable et plus dévoué que ne l'était M. Brute , le futur évêque de rindiana. Son zèle égalait sa piété et la bonté de son cœur. Théologien consommé, controversiste redoutable, il avait montré pendant près de deux années qu'il venait de passer à Baltimore, comme professeur de philosophie

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dans le séminaire , ce que la cause de la religion.pouvait attendre de sa science et de ses talents. Lui aussi, il faisait partie de la compagnie de Saint-Sulpice, et avait été formé à la piété par M. Emery. Sa naissance était trèshonorable. Fils d'un intendant des domaines, en Bretagne, il appartenait à une famille royaliste de la ville de Rennes, demeurée ferme dans sa foi religieuse et dans sa foi politique , après avoir subi l'épreuve de la persécution et de la spoliation '.

M. Dubois confia à ce nouvel auxiliaire plusieurs fonctions importantes dans l'intérieur du séminaire, et se reposa sur lui en grande partie du soin de desservir la maison de Saint- Joseph. Là, les conseils que son ministère l'appelait à donner, soit dans la chaire, au confessionnal, ou dans ses entretiens avec la vénérée supérieure, se trouvèrent d'un grand secours, et furent bientôt goûtés comme ils devaient l'être.

Une imagination brillante, un caractère vif et généreux , mais entièrement subordonné aux impulsions de la foi, donnaient à M. Brute, avec un grand sentiment des vérités de la religion, une ardeur tout expansive pour en prendre la défense par ses discours et par ses

*i Voir la note 13 à la fin de ce volume.

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