‹ Elizabeth SetonChapitre 68 sur 185 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

écrits. Ce fut avec bonheur qu'il rencontra dans la supérieure de Saint -Joseph une âme exercée aux pensées les plus élevées , qui pouvait le suivre lorsque les élans de sa belle intelligence l'emportaient vers la région des hauteurs. « Il me semble, diia-t-il un jour, — lorsqu'il recueilli ra les souvenirs des années qu'il avait vécu près d'Elizabeth, — il me semble que jamais on n'a pu trouver à un plus haut degré que chez elle l'élévation, la pureté, l'amour pour Dieu, pour le ciel, et pour les choses surnaturelles et éternelles. Si elle avait été placée en des circonstances semblables à celles où se trouvèrent une sainte Thérèse, une sainte Françoise de Chantai, elle y aurait été remarquable au même degré de sainteté ' . »

Lorsqu'Elizabeth se confia à M. Brute pour la direction de son âme, elle était déjà fort avancée dans les voies de la vie spirituelle. Sa docilité cependant apprit de lui à gravir d'un pas plus égal et plus ferme ces invisibles

1 He — M. Brute — regarded hcv as one who, to use his own language , if placed in drcumstances similar to thoseofS. Theresa, or S. Fronces de Chantai, would hnve been equolîij remnrkable in the scale ofsanclitji. — Memoirs of therighl révérend Simon W. Th. Gabriel Brûlé DD. first bishop of Vincennes, published by H' Rev. James Roosevelt Bayley DD. bishop of Newark. — New-Yoïk, 1861.

degrés que Vâme élevé en elle-même ' pour monter, monter encore, et se rapprocher de son Dieu.

Elle l'apprit de lui, peu à peu, par un progrès continu, mais qui se fit sentir plus tard. Car, au moment où il arriva, la dernière blessure qu'elle avait reçue en son cœur était si récente et si douloureuse, qu'elle marchait toute courbée, accablée, comme Notre -Seigneur au Calvaire , succombant parfois , et restant là sur le chemin.

A ce moment , on le comprendra , la conduite d'un guide éclairé, le dévouement d'un pieux ami , s'offraient comme un suprême secours à la pauvre Elizabeth. Ses forces s'étaient affaiblies sous le coup de la mort d'Anna. Le temps n'était plus où, son énergie naturelle venant en aide à la foi la plus ardente, elle traçait chaque jour son sillon sans tourner la tête en arrière , quelque dur qu'il fût. Ce n'est pas que sa résignation vînt à défaillir ; mais tandis que sa foi la portait à la générosité dans le sacrifice, la nature eût demandé à ne point aller au delà d'un état de résignation passive. Sa lutte avec la douleur , l'ébranlement de sa santé , la rendaient moins propre au fardeau , à la gêne des obligations que Dieu lui avait me-

1 Ascensiones in corde. Ps. lxxxih.

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