‹ Elizabeth SetonChapitre 80 sur 185 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

minée à se défendre à outrance, ils opérèrent leur retraite.

Rose "VVhite et ses compagnes traversèrent le Maryland peu de jours après la glorieuse résistance de sa capitale. Les Anglais ne menaçaient plus l'intérieur du pays; mais comme leur flotte croisait toujours dans la Chesapeake, les voyageuses se dirigèrent vers Philadelphie, en suivant la diteclion de Taneytown et Lanças ter. Par motif d'économie, on leur avait donné ordre de demander l'hospitalité sur la route , autant que les circonstances le permettraient. Elles se conformèrent à cette recommiindution , et furent accueillies avec beaucoup d'empressement par les familles catholiques chez qui elles séjournèrent.

Al rivées à Philadelphie, elles n'eurent d'abord d'autre pensée que de s'acheminer vers l'église pour remercier Dieu de les avoir amenées au terme de leur voyage. De l'église, elles se rendirent à l'asile, en reçurent la direction, et y entrèrent quelques jours tard. Des privations sans nombre les y attendaient. La maison avait des dettes qui se montaient à quatre mille dollars, — plus de vingt mille francs;

— pour la retenir sur la pente de la ruine , les trustées venaient de réduire à six cents dollars,

— trois mille francs, — la somme convenable qui précédemment lui avait été allouée pour

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l'entretien de chaque année. Or, six cents dollars, c'était complètement insuffisant, vu le prix excessif auquel la guerre avec l'Angleterre avait fait monter toutes choses. Pendant les trois premiers mois, les Sœurs en furent réduites à regarder le pain à leurs repas comme un objet de luxe qu'elles ne pouvaient se permettre. Se refusant le pain , elles se con tentaient de pommes de terre; et, à vrai dire, ce fut là presque leur seule nourriture pendant toute cette première année. Elles prenaient, sans sucre , du café de grain ; supportaient sans feu les rigueurs du froid , et ne brûlaient que des écorces de tan au seul foyer qui s'allumât dans leur maison pour les nécessités du blanchissage ou de la cuisine. Cette vie toute de privation était encore trop coûteuse, tant les ressources étaient misérables. Elles en étaient arrivées à ne pouvoir plus subsister, quand leur détresse , découverte par quelques personnes du dehors, leur attira du secours.

Un jour que ces pauvres filles, surchargées d'occupation , n'avaient pu sortir, elles mirent trois sous, — c'était tout ce qu'elles possédaient, — dans la main d'une de leurs orphelines , et lui dirent d'aller au marché acheter pour le repas de la maison un jarret de bœuf. Quel fut leur étonnement, quand elles vire»t l'enfant qui leur rapportait une grosse pièce de

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