‹ Elizabeth SetonChapitre 81 sur 185 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

viande , les trois sous , et dix sous en plus ! Ces trésors venaient de la munificence d'une vieille marchande à qui l'enfant s'était adressée, et qui s'était sentie touchée lorsqu'elle avait appris que la maigre emplette qu'on faisait chez elle devait fournir au repas des Sœurs.

Non contente de ce premier don , cette charitable femme faisait prier la Sœur Rose White de recourir à elle toutes les fois qu'elle en aurait besoin. Son bon cœur ne s'en tint pas là ; elle alla aux informations, se rendit compte du dénûment de ses nouvelles protégées ,' et s'ingénia de toutes les façons pour leur trouver des ressources et des amis. Elle y réussit. Grâce à sa générosité et à l'élan qu'elle sut donner à la charité des personnes à qui elle s'adressa, l'orphelinat put traverser les temps difficiles. D'un autre côté l'économie, le bon ordre, le désintéressement des Sœurs , opérèrent des merveilles. Au bout de trois ans, toutes les dettes anciennes se trouvaient payées, et tout annonçait à l'asile de Saint-Joseph de Philadelphie cette prospérité qui devait bientôt le faire regarder comme un des plus magnifiques étabhssements de la Charité aux États- Unis.

Cette même préoccupation des intérêts religieux qui accompagne et qui accroît notre in-

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térêt, bien naturel, pour les œuvres d'Elizabeth Seton, nous invite maintenant à tourner nos yeux vers un horizon plus vaste, et à donner notre attention aux grands événements du monde catholique. La religion, affligée en Europe, allait recevoir d'Amérique de précieuses consolations. En 1814, avant le premier écroulement de la puissance impériale, alors que durait encore la captivité du doux pontife Pie VII, l'Église dos États-Unis signala d'une manière solennelle son attachement à l'unité catholique et au siège de saint Pierre. L'occasion d'affirmer sa foi et son dévouement lui vint de l'initiative des archevêques et évoques d'Irlande. Effrayés des maux de l'Église universelle, ces évêques avaient écrit à un grand nombre de leurs frères dans l'épiscopat, pour demander qu'il y eût entente entre eux tous sur la marche à suivre en ces temps critiques. L'épiscopat des États-Unis fut appelé à cette sorte de consultation. C'est réveiller un des glorieux souvenirs de notre ancien clergé de France , que citer la lettre dans laquelle l'évèque de Boston, notre illustre Cheverus, fut l'interprète de ses vénérables frères de l'épiscopat des États-Unis et de la tribu sacerdotale tout entière !

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