‹ Elizabeth SetonChapitre 83 sur 185 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

toire ne nous démentira pas si nous affirmons que celte joie, avec ses démonstrations , n'était particulière ni à l'Église ni à l'Amérique. Elle était la joie de l'humanité et de la liberté délivrées; elle était la joie universelle.

ELIZABETH A ANTONIO FILICCHI

1" juin 1814.

« Mon cher Antonio,

« L'heureuse et joyeuse nouvelle de la restauration de notre très- saint Père en ses États, et la rapide pensée qu'enfin j'allais recommencer à avoir des nouvelles de mes chers Filicchi , tout cela a traversé mon esprit comme un éclair. Ma seconde pensée a été que j'allais vous écrire aussitôt que possible.

« Ma dernière lettre, si je ne me trompe, vous annonçait notre départ de Baltimore pour venir dans les montagnes , — les montagnes qui font partie de la chaîne des Blue ridges , — et notre établissement dans notre vallée de Saint- Joseph, et la mort de Cecilia, et la mort d'Henriette, après leur conversion mille fois bénie. En vérité, cher Antonio , je sais à peine à quel endroit le fil de notre histoire a été

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rompu... Mais..., mais..., depuis ce tempslà...! Annina... la chère bien-aimée de sa mère et le meilleur exemple de ses frères et de ses sœurs, elle est partie, elle aussi!... Elles dorment l'une à côté de l'autre, toutes les trois, dans le petit bois près de notre demeure.

oc Rebecca, ma plus jeune, est tombée en jouant, il y a de cela déjà deux hivers; et elle est demeurée boiteuse pour le reste de sa vie. Mais de cruelles souffrances la préparent et l'acheminent rapidement, je le crois, vers sa chère éternité... Kitty, ma Joséphine ', — est délicate, gracieuse et pieuse comme un ange. Je ne saurais vous donner d'elle aucune idée qui approcherait ce qu'il faudrait dire de son bon et ravissant caractère. Mes deux garçons, en âge maintenant, et de force, à pourvoir à leur propre existence et à être lancés au milieu du monde , sont les seuls qui soient à plaindre, en ce qu'étant des garçons, — d'ordinaire moins affermis dans la piété que ne le sont les hlles, — ils peuvent plus facilement se laisser mal guider ; surtout s'ils se voient attirés par des parents protestants , comme ceux-ci le seront selon toute apparence.

« Il serait inutile, cher Antonio, d'essayer

1 Catherine — Kitty — c'est le nom que la seconde fille d'hlizabeth avait reçu à sou baptême; Joséphine, le nom qu'elle avait eu à sa confiririation.

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