‹ Elizabeth SetonChapitre 9 sur 185 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

nage des appartements souvent plus agréables, et certainement plus propres, que ceux qu'on trouvait autrefois dans la plupart de nos petites villes '.

Le défrichement des terrains qui environnent le village d'Emmettsburg remontait à une date fort récente. M. Emmett, qui avait donné son nom à cette contrée , vivait encore, et résidait là. Ce premier arrivé était un Irlandais, un cousin, si nous ne nous trompons, du jeune martyr de l'Indépendance irlandaise venu aux États-Unis en même temps qu'un autre Emmett, Thomas-Addis, propre frère de l'infortuné Robert , le héros de la tentative de 1798 -. Lorsque M.- Emmett, celui d'Emmettsburg, était venu s'établir au milieu de sa vallée à demi déserte, il y avait trouvé le concours de ces voisins qu'on rencontre partout en Amérique. L'habitude de s'entre-secourir fait qu'en ce pays, si désert qu'il paraisse en certains endroits, un homme n'est jamais seul, n'est jamais un être isolé.

Lorsqu'on s'éloigne du littoral que baigne

1 Voir Vorjnges de M. le marquis de Chastelhix dans l' Amérique seijlentrionale , dans les années 1780, 17-1 e^ 178-2.

2 Au coiumeiicemeiit de ce siècle , le nom de Kobert Emmett était aussi populaire en Amérique qu'eu Irlande même. On l'y révère encore aujourd'hui comme le nom d'un martyr.

l'océan Atlantique, quelques montagnes qu'on gravisse, quelques forêts qu'on traverse, quelques chemins détournés qu'on puisse suivre, on ne fait jamais plus de trois à quatre milles sans rencontrer un de ces nouveaux établissements, — neiv settlements , — qui sont les conquêtes du travail sur une nature vierge encore. C'est là que le concours des voisins vient en aide au colon qui veut s'établir. Le plaisir d'aider le nouveau venu, une pièce de cidre bue en commun et gaiement, ou bien un gallon de rhum , sont la seule récompense dont les secours soient payés. Mais peu à peu la civiUsation fait des progrès : on calcule le prix du temps, on sait la valeur du travail. Le moyen de bâtir même une log-house, avec des mains désintéressées comme au temps de l'état sauvage! Or il s'agissait pour Elizabeth de faire bâtir une vaste habitation avec salles pour les classes, dortoirs pour les religieuses, les enfants pauvres , les pensionnaires ; une infirmerie, une chapelle, des dépendances, etc.. Et en attendant le moment où l'on trouverait, dans cette maison même, les ressources indispensables à l'existence de celles qui l'habiteraient , il fallait découvrir le moyen de faire vivre tous les jours seize personnes et les enfants, en ne dépensant que ce qu'on avait à soi, c'est-à-dire à peu près rien.

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