SCÈNE XL Les Mêmes, I.auy ANNA, NELLY , puis
DAVID, qui rentre dans la maison et dispose ce qu'il faut pour le déjeuner.
(Liidy Anna entre avec Nellv, qu'elle semble écouter à peine.)
^ELLY.
AiB : Pauvre dame M:ir{;uerite (Dame Iîlanche).
Qu avcz-voiis donc, bonne tante?
Depuis si loii{;-îenip.< , lielas !
Loin de vous, je fds alisente...
El vous ne m'écoutcz pas !...
N'ainiez-voiis plus votre nièce?
LADY ANNA , sortant de sa rêverie.
Ah! toujours même tendresse...
NELLY
Qui peut vous faire souffrir? ( bis.)
LAUY ANNA , tressaillant.
Ah! tais-toi, pauvre petite ; ( A elle-même et à mi-voix.)
Car du tourment (|ui m'agite Tu ne saurais nie guérir.
ENSEMBLE
NELLY
Du mal secret qui vous agite Rieu ne peui-il vous guérir?
LADY ANKA , à part.
Non, du mal secret qui m'agite Rien ne saurait me guérir !
LADY AXSA , voulant sourire.
Tu te trompes, ma bonne Nelly...
KELLY
Du tout! vous êtes rêveuse, distraite... tellement, que vous ne m'avez pas encore embra.ssée de ce matin. LADY ANXA , vivement, et l'embrassant sur le front.
Ah ! tu as raison.
KELLY
A la bonne heure... je vous retrouve... (A mi-voix. ) C'est qu'il s'agit d'un secret... très important pour moi... je ne suis venue que pour vous le confier... D'abord, ce mariage que grand-papa d'OxIord veut me faire faire dans deux jours... Il n'y a que mon oncle, comme mon luti'ur, (jui puisse s'y opposer... et il f.iut qu'il s'y oppose... (baissant la voix.) dùt-il ensuite me gronder bien fort... car... (Troublée.) Oh ! c'est là, par exemple , ce que je n'oserai jamais avouer... qu'à vous seule !
LADY ANKA, regaidant autour d'elle.
Eh bien ! nous en causerons, mon enfant... jilus tard. . Je n'ai pas encore aperçu ton oncle. (Elle le voit,) Ah ! c'est lui !
KELLY
Oui vraiment... chut !... ( Allant à lui.) BonjoiU', mon oncle... (Apercevant Yollack, ) Que vois-je ?