NARCISSE MICHAUT. XXIX
branche, Bossuet, en ont usé ainsi avec les physiologistes du xvii^ siècle, leur exemple est encore bon a suivre. Par cela seul en effet que la psychologie et la physiologie ont un objet commun, l'homme, elles ont beau le regarder par des côtés différents, elles ne sauraient demeurer complètement étrangères Vune a Vautre; leurs limites ne sont pas si bien tracées qu'il ne soit quelquefois difficile de les reconnaître et souvent utile de les franchir . Il faut bien accorder que l'âme ne réside pas dans le corps comme un pilote dans un navire, mais qu'elle forme avec le corps un tout naturel dont toutes les parties ont entre elles, comme dit Bossuet, une parfaite et nécessaire communication. Comment dès lors ne pas j aire de vœux pour que la science du corps et celle de l'âme lient entre elles des relations de bon voisinage, unissent leurs efforts pour des recherches communes, et marchent ensemble à la conquête des vérités qui les intéressent toutes deux; seulement, pour que cette union soit durable et féconde, il ne faut point quelle cache une arrière-pensée d'envahissement et de conquête. Les deux alliés doivent demeurer bien persuadés qu'une annexion n'est plus une alliance. Les phénomènes qu'ils étudient sont d'ordre différent, bien que