XXX NARCISSE MICHAUT
ces phénomènes puissent être les antécédents les uns des autres. Les deux sciences qui s'occupent d'objets si divers ne font donc point double emploi, quoiqu'il soit peut-être vrai de dire qu'elles ne peuvent être bien comprises l'une sans l'autre. On a remarqué mille fois quen supposant même démontré que chaque état de conscience est toujours précédé ou accompagné ou suivi d'une modification déterminée dans l'état du système nerveux, le fait de conscience n'en serait pas moins irréductible au phénomène physiologique correspondant. Celui-ci, les yeux aidés de bons instruments peuvent le surprendre ; celui-là, la loupe et le scalpel n'y peuvent rien; il y faut la conscience.
« L'admiration, je le veux, résulte d'un mouvement vibratoire dans un des lobes du cerveau, l'admiration n'en conserve pas moins sa nature propre, et il n'est perfectionnement du microscope qui puisse faire qu'un sentiment et un mouvement soient la même chose; cela est aussitôt prouvé que dit. f ajoute que, dans l'œuvre commune, la part des psychologues restera toujours la plus grande. Car enfin, la science de la pensée a son prix alors même qu'on la sépare d^ la science de ses conditions organiques ; cette dernière étude, au contraire, n'a d'intérêt qu'autant quelle