NARCISSE MICHAUT. XXXI
contribue à V étude de la pensée» Mais les philosophes seraient bien vains s'ils en concevaient de l'orgueil ou les physiologistes du dépit. »
Ces pages me semblent une introduction excellente à /'Éloge de BufFon. Le concours proposé par l'Académie française était bien fait pour tenter un esprit si fort au courant des conditions philosophiques des sciences naturelles, et si capable de reconnaître avec sûreté soit le domaine commun, soit la ligne rigoureuse qui doit séparer les recherches distinctes du philosophe, du physiologiste, du naturaliste. C'est là l'originalité dominante du mémoire de Michaut. S'il présente de Buffon une grande image, c'est qu'il montre constamment avec quelle sûreté et quelle droiture de génie l'auteur de /'Histoire naturelle/ ^r^^/)/?â^«^ awx préjugés philosophiques de son siècle, et s' attachant aux bonnes méthodes, a fait œuvre, non-seulement d'écrivain consommé, mais de véritable savant. Le temps même et les forces lui ont manqué pour mettre également en lumière chacun de ces deux titres de Buffon à l'admiration de la postérité; s'il a presque tout dit sur le savant et le philosophe, il demeure incomplet pour l'écrivain. Quelques notes au crayon, que le lecteur retrouvera à l'Ap-
XXXJI NARCISSE MICHAVT,
pendice, indiquent les lignes générales du chapitre absent. Ces notes, très-sommaires, se suivent évidemment dans un ordre qui répond à l'enchaînement des idées. L'œuvre de critique littéraire dont on y voit le dessein premier eût égalé, par la finesse des aperçus, cette belle étude sur le génie scientifique de Buffon. Pendent opéra interrupta.