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Il paraissait donc évident que la lutte se passerait entre ces deux vétérans, qui depuis vingt ans avaient consacré leurs forces et leurs veilles à l’enseignement public, et professé librement la chirurgie à des milliers d’élèves; l'épreuve des titres scientifiques paraissait même devoir faire pencher la balance en faveur de Robert. Pendant
quelques jours celui-ci put se croire professeur et fut salué comme tel par mainte personne.
Le jury était réduit à douze juges, sept d’entre eux avaient promis leur soutien et s'étaient, à diverses
époques, catégoriquement engagés. Deux jours avant l'issue, une première défection fut annoncée, c'était celle d’un vieillard honorable, membre de l’Académie. Robert n'y voulait pas croire; 1l alla trouver Reveillé-Parise (c'était son nom), qui protesta et renouvela ses assurances de la manière la plus formelle; son caractère désintéressé, sa probité bien connue semblaient des garants Sûrs.
Enfin le scrutin s’ouvrit. Quoique le vote soit réputé secret, les mystères de l’urne sont toujours connus. Voici quel fut le résultat primitif :
M:Michon voix.
Ms Bouisson. . - 3 voie M'ANélaton 2 8 ROIX.
Robert: . . : : .« 2%oix-seulement.
Même répartition au deuxième tour, qui était encore libre. Évidemment la bataille était perdue. Deux juges qui seuls avaient tenu religieusement leur parole, Gerdy et M. Malgaigne, durent choisir un autre candidat. M. Bouisson fut évincé par le ballottage. Les voix se partasérent définitivement au quatrième tour. M. Michon en eut cinq ; les autres nommérent M. Nélaton.
Sept promesses, deux paroles fidèles ! Voici quelques détails sur ce qui s'était passé.
Un juge, pour voir, disait-il, quelle tournure prendraient les choses, avait voulu donner au premier tour une voix de consolation. La tournure sans doute lui parut bonne, car le provisoire devint définitif.
«et
EM
Un autre répondit qu'il votait pour les gros livres. .