‹ Éloge de C. Alp. RobertChapitre 5 sur 15 · LE 4 DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

LE 4 DÉCEMBRE

Si toute une vie de travail et de probité assurait une vieillesse longue et sereine; si le dévouement d’une famille, l’attachement sincère de nombreux amis et l’estime de tous pouvaient retarder le dénoûment fatal, nous ne serions pas ici rangés tristement autour de cette tombe, et la douleur d’une séparation inévitable serait encore pour longtemps ajournée. Mais tout est impuissant, la mort frappe à ses heures et suivant son caprice, aussi peu soucieuse de décimer les bons que d’épargner les méchants; elle plane : celui-ci tombe, l’autre survit, et tout reste inexpliqué.

Aïnsi disparaissent fatalement les hommes d’élite comme les pauvres d'esprit; ils meurent au début, au milieu, à la fin de la lutte; rarement ils survivent au triomphe, plus rarement encore ils en recueillent les fruits mérités, et nous, spectateurs incertains du lendemain, nous courbons la tête en attendant notre tour.

En prenant la parole au nom de la Société de chirurgie, dont Robert était membre fondateur, et au sein de laquelle il comptait tant de disciples et tant d’amis, je n’accomplis pas un devoir

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