LA RUSSIE ET LA CHINE
La proclamation atteignit son but, car par la guerre nos armées occupèrent militairement l'un après l'autre tous les États rebelles. Ce fut elle aussi qui évoqua cette force moderne qu'engendre la diffusion d'une même pensée ou d'un même sentiment parmi les nations qui forment l'humanité. Spontanément la muette sympathie des masses qui peuplent le monde, entoura nos efforts. Les meilleurs écrivains de l'Europe secouèrent la conscience des penseurs, et finirent par ramener du côté de l'homme d'État sans lettres le sentiment moral intelligent du vieux monde. La Russie, dont l'empereur venait justement d'accomplir un des actes les plus grandioses de l'histoire, en appelant d'un coup vingt millions de serfs à la propriété de la terre et en assurant par là la grandeur et la civilisation de la nation russe, la Piussie ne cessa point un seul instant d'èlrc notre alliée. Du siège de la plus vieille civilisation connue, de la Chine qui la première donna au monde
l'exemple d'un empire basé sur l'égalilé de lous les sujcis, le prince Kong , ministre des affaires étrangères , se rappela le précepte de Confucius : « Ne faites pas aux autres ce que vous ne voudriez pas qui vous fût fait, » et au nom de son empereur ferma les ports chinois à tous vaisseaux de guerre ou corsaires « des séditieux. »