IDEES NOUVELLES SUR L ESCLAVAGE
Les hommes de la révolution disparurent. Une nouvelle génération grandit, impatiente d'entendre flétrir comme inhumaine, injuste et condamnable une institution à laquelle ils étaient liés; pour échapper à ce remords de leurs pères, et aveuglés par l'éclat des richesses que produisait la culture nouvellement introduite du coton, ils inventèrent comme théorie que l'esclavage, puisqu'ils ne voulaient pas l'abolir, était non un mal, mais un bien. Et s'adressant aux fauteurs de la colonisation africaine, ils leur dirent : « Pourquoi éloigner ces noirs de la contrée civilisée et chrétienne qui les abrite, où leur travail est une source féconde de gains immenses et crée un pouvoir tel qu'il domine tous les marchés du monde, pour les renvoyer à cette terre d'ignorance, d'idolâtrie et de paresse, qui fut la, patrie de leurs ancêtres, mais qui n'est pas la leur? L'esclavage est pour eux une bénédiction. N'étaient-ils, sur le sol natal de leur race, à peine au dessus de la brute, ignorants de tout, même des saisons, esclaves de leurs instincts? Et dans leur nouvel asile, n'ont-ils point appris à diviser l'année, à labourer, à planter, à récolter, à conduire les bœufs, à dompter le cheval , à échanger leur misérable idiome contre la langue la plus riche de toutes celles que parle l'homme, et les stupides adorations du fétichisme contre la plus pure de toutes les religions? Et puisque l'esclavage est si bon pour les noirs, pourquoi ne le serait-il pas aussi pour leurs maîtres à qui il donne l'opulence en même temps que l'occasion de faire l'éducation de toute une race. L'esclavage du noir est bon de sa nature. Il servira éternellement l'homme blanc, » Et la nature, qui savait mieux ce que valent comme principes les ondes mobiles des intérêts et des passions, sourit en entendant l'écho répéter ces deux mots : « L'homme » et « éternellement, w