‹ Éloge funèbre du Président Abraham LincolnChapitre 6 sur 40 · L ESCLAVAGE A L INTERIEUR · texte numérisé non relu

L ESCLAVAGE A L INTERIEUR

A cette déclaration nouvelle succéda comme conséquence logique, nécessaire, le développement régulier de toute une série de prétentions jusque-là inconnues. Sous le règne de la déclaration ancienne, chaque État avait conservé le droit d'affranchir à son gré ses esclaves par un acte législatif; ce contrôle du peuple sur l'esclavage par l'organe de ses législateurs fut attaqué, restreint, et le peuple se trouva bientôt enchaîné dans un réseau d'obstacles légaux et constitutionnels créés par l'adresse des classes privilégiées. Le droit d'émanciper fut réglementé ou aboli. Il fut défendu de troubler l'esclave par l'éducation. Au fond des cœurs restait, sans qu'on voulût se l'avouer, la conviction de l'injustice de la servitude, le souvenir inextinguible de son incompatibilité avec les vraies traditions américaines ; c'est pour cela qu'il fallait qu'un système politique lui vînt en aide. La génération qui avait fait la constitution s'était efforcée, par l'ordonnance de Jefferson, d'assurer dans le Congrès la majorité à la liberté; la nouvelle école aspira à assurer à l'esclavage une égalité de votes dans le sénat, et, tandis qu'elle émettait tout bas l'idée d'un décret organique qui concéderait au Sud un droit collectif de veto contre tout acte de la législature nationale, elle proclamait tout haut que chaque État avait le droit séparé de réviser et d'annuler à son gré les lois des États-Unis.

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