ET LA CARTE DU CIEL
au premier plan une sphère armillaire, apportée là sans doute par Cassini. Partout au contraire, nous voyons des modèles de mécanique, des cornues, des alambics, les squelettes de l'homme et des animaux les plus divers. La présence de tant d'objets si étrangers aux préoccupations habituelles des astronomes n'étonne nullement ceux qui sont au courant de l'histoire de ce temps. Colbert, « ce ministre porté de luimême aux grands desseins », avait conçu, bien avant la Convention Nationale, le plan d'un vaste établissement analogue à notre Institut, où tous les ordres de recherches devaient être réunis. Pour ce qui concerne en particulier l'Académie des Sciences, il avait voulu qu'ici même, à côté de l'Observatoire, fussent construits des laboratoires, des salles de collections et des amphithéâtres, des logements pour tous les Académiciens et pour ceux qui devaient travailler sous leur direction.
Les guerres incessantes empêchèrent Colbert de donner suite à de si vastes projets. Mais notre Académie, qui compta au nombre de ses fondateurs des hommes tels que Huygens, l'abbé Picart, Auzout, Roemer, Cassini, manifesta dès le début le goût le plus vif pour les études d'astronomie. L'application du pendule aux horloges, l'emploi des lunettes pour la mesure des angles, la découverte du micromètre et de la lunette méridienne donnèrent l'essor aune foule de recherches. Les membres de l'Académie allèrent au loin résoudre la belle question de l'aplatissement terrestre, mesurer la longueur du pendule, déterminer d'une manière exacte les coordonnées géographiques d'un grand nombre de lieux. Parmi ces Missionnaires dont nous pourrions rappeler les noms avec quelque orgueil, j'en citerai un tout au moins pour saisir l'occasion de remercier votre président d'honneur, Sir
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David GUI, qui lui rendit, il y a quelques années, un si bel hommage. Je veux parler du savant et modeste La Caille qui « travailla à lui seul autant que tous les astronomes de son temps »>. Envoyé par l'Académie au Cap de lionne-Espérance, il y observa plus de dix mille étoiles du Ciel Austral, il y mesura de plus un arc de Méridien, préludant ainsi à la magistrale entreprise que l'Angleterre poursuit en ce moment, je veux dire la mesure de l'arc de méridien qui doit traverser l'Afrique dans toute sa longueur.
Cette prédilection que, dès le premier jour, avait montrée l'ancienne Académie des Sciences pour les recherches astronomiques, se transmit tout naturellement à la nouvelle Académie. Delambre, l'historien astronome, fut son premier Secrétaire perpétuel pour les Sciences Mathématiques. Arago, qui joignait aux talents de l'astronome le génie du physicien lui succéda après un court intervalle et nous habitua sans effort à regarder l'astronomie comme la première des Sciences. Aussi, lorsqu'en 1887 les belles découvertes des frères Henry donnèrent raison aux vues d'Arago et de Faye, qui n'avaient cessé de recommander l'emploi de la photographie dans l'étude des corps célestes, quand l'amiral Mouchez, s'appuyant sur les avis et la haute compétence de Sir David Gill, conçut et présenta, avec la hardiesse d'un vrai marin, le vaste projet d'une Carte du Ciel, qui devait comprendre toutes les étoiles jusqu'à la 17e grandeur, notre Académie, sans méconnaître toutes les difficultés d'une entreprise que votre sagesse devait ramener à des proportions réalisables, saisit au vol, pour ainsi dire, cette grande et noble conception, et s'empressa de lui assurer tout l'appui dont elle pouvait disposer. C'est elle, Messieurs, qui voulut vous convoquer pour la première Conférence de 1887. C'est mon illustre maître et pré-