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ET LA CARTE DE CIEL 3G

nationales, à Berlin et à Bruxelles, à Londres, à Copenhague, à Vienne, à Wiesbaden, à Rome, à La Haye, à Budapest, à Saint-Louis en Amérique; ma conviction intime et profonde c'est que j'ai ainsi participé à des œuvres de paix et de concorde. La collaboration des savants, dans ces régions sereines où la haine ne pénètre jamais, prépare les accords des nations sur le terrain de la politique et des faits. Les œuvres internationales me paraissent jouer, dans les relations des peuples, le rôle de ces pilotis que l'on enfonce dans les terrains dangereux et mouvants. Quand ils sont en assez grand nombre, on peut construire au-dessus des édifices durables et solides.

Les hommes de science peuvent revendiquer l'honneur d'avoir été les premiers à provoquer ces rapprochements internationaux. Cela tient sans doute à la nature de leurs recherches, dont plusieurs dépassent la durée d'une existence humaine et les forces d'une seule nation, quelque puissante, quelque active qu'on la suppose. Cela tient encore, et il est utile de le remarquer aujourd'hui, au caractère même, et si je puis m'exprimer ainsi, aux conditions morales de leurs travaux. L'homme de pratique est soutenu par la perspective de s'enrichir. Le lettré songe à la gloire qui l'attend. A part quelques exceptions bien rares, le savant ne peut compter sur une renommée adéquate à son mérite. Le nom de Newton est, sans doute, dans toutes les bouches ; mais combien peu, parmi les hommes, peuvent apprécier les mérites immortels de ces héros de la science qui portent les noms de Frédéric Gauss, Huygens, Léonhard Euler, Lord Kelvin, Fresnel ou Louis Lagrange. Nous tous, qui suivons les traces de ces grands hommes, nous savons bien que l'œuvre constituée par nos travaux incessants sera, pour la plus grande partie, une œuvre anonyme;

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notre seule ambition, le plus souvent, est d'apporter à l'édifice qui s'élève une pierre, destinée sans doute à être recouverte ou remplacée. Loin de nous décourager, cette perspective relève à nos yeux le mérite de nos efforts ; elle nous conduit aussi, par une conséquence naturelle, à tendre les mains, par dessus les frontières, à ceux qui sont nos compagnons dans cette recherche désintéressée. Et nous sommes doublement heureux lorsqu'à ces sentiments de sympathie qui s'exerçaient d'un peu loin, à travers l'espace, nous pouvons joindre tous ceux qui résultent des relations personnelles, des discussions poursuivies en commun, et toujours pleines de franchise et de cordialité. Cette bonne fortune nous est échue au cours de la semaine qui va finir. Puissiez-vous Messieurs, conserver, comme nous, le meilleur souvenir des quelques jours que nous venons de passer ensemble. La session qui vient de finir était nécessaire ; elle était attendue avec impatience par plusieurs d'entre vous, j'en ai reçu la confidence ; elle sera certainement féconde en résultats. Si, comme nous l'espérons, vous voulez bien renouveler votre visite, nous saisirons avec empressement l'occasion de resserrer encore les liens d'amitié qui nous unissent déjà. En tous cas, l'appui de l'Académie est acquis à vos travaux.

C'est dans ces sentiments que je lève mon verre en l'honneur de nos hôtes, les membres de la sixième conférence pour l'exécution de la Carte du Ciel.

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