‹ Éloges acadéiques et discoursChapitre 28 sur 44 · ALLOCUTION DE M. EMILE PICARD · texte numérisé non relu

ALLOCUTION DE M. EMILE PICARD

Vice-Président de la Société des Amis des Sciences.

Mon cher Président, Mon cher Maître,

Nous sommes assurés de vous être agréable en rappelant, dans cette cérémonie, votre titre de Président de la Socié+é des Amis des Sciences. Vous aimez l'action autant que la pensée, et on vient de nous dire quelle activité vous vous dépensez à l'Académie et les services que vous avez rendus à la Faculté des Sciences. Mais votre désir d'être utile ne se lasse pas ; vous avez encore voulu donner une part de votre temps à des œuvres plus discrètes qui demandaient un véritable dévouement. Nulle part plus qu'à la Société des Amis des Sciences, vous n'avez mieux mis en pratique le vieil adage, que le bruit ne fait pas de bien et que le bien ne fait pas de bruit.

La Société fondée en 1857 par le baron Thénard a un luit singulièrement élevé : c'est une Société de

secours, mais où 1rs titres à invoquer sont des services rendus aux sciences pures et appliquées, à l'industrie et à l'agriculture. Ceux qui collaborent avec vous à cette œuvre savent avec quel soin vous vous attachez à respecter la pensée de son fondateur. Quand il s'agit de votre cbère Société des Amis des Sciences, vous ne ménagez ni votre temps ni votre peine, sollicitant les avis des compétences les plus variées, et allant, s'il est nécessaire, prendre vousmême les renseignements propres à éclairer nos décisions. Vous rêvez d'une grande œuvre de solidarité scientifique, où ceux, et ils sont légion, qui profitent des progrès et des découvertes de la science, viendraient tous en aide aux chercheurs, uniquement préoccupés de leurs travaux, insouciants de l'avenir, pour eux et pour ceux qui les entourent. Vos appels émus ont été souvent entendus, et des mains généreuses se sont tendues vers nous. Mais, hélas ! les misères que nous devrions secourir augmentent plus vite que nos ressources, et bien des concours nous manquent, sur lesquels nous serions en droit de compter ; c'est un de vos chagrins que la science, sur laquelle on fait tant d'éloquents discours, recueille encore trop d'ingratitude.

Vous travaillez, mon cher Président, avec toute votre énergie à soulager de nobles et quelquefois glorieuses infortunes, et vous montrez ainsi que votre cœur est à la hauteur de votre intelligence. Puissiez-vous rester longtemps à notre tête et voir encore grandir l'œuvre à laquelle vous êtes pieusement attaché.

JUBILÉ T>E M. GASTON DARROUX 469

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