‹ Éloges acadéiques et discoursChapitre 32 sur 44 · Illill.K DK M. GASTON DARltui · texte numérisé non relu

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à la lois à L'Ecole polytechnique et à l'Ecole normale, j'optai pour cette dernière. Ce choix fit sensation, je dois l'avouer; Frémy, dont je devais plus

maie contribue 1 aryen ion t. et cela, dans l'esprit qui lui est propre. Cet esprit ne laisse pas d'être remarqué, hors de France même, et hautement apprécié. Voici, par exemple, ce qu'écrivait récemment un distingué professeur de l'Université de Princeton (Etats-Unis). M, Andrew F. West, doyen de l'Ecole «les gradués (Graduelle Sckool), à propos de la création, à Princeton, d'un Graduate Collège. « Songez, dit-il, cherchant un modèle pour l'institution projetée, songez à l'Ecole normale supérieure, ee grand Collège français de gradués, donl l'éclat défie toute" comparaison. Avec une centaine d'élèves, dont nue trentaine annuellement passe le concours de sortie, elle a plus fait qu'aucun autre établissement pour donner le Ion à la haute pensée française. CCst là que Laplace el Lagrange ont

jeté les fonde nts de l'astronomie moderne ; c'est là que

s'est écrit un grand chapitre de l'histoire mathématique. Là enseigna Pasteur, dont la gloire suffirait à illustrer une maison. Et quand nous repassons dans notre mémoire le rôle qu'a rempli cette école en physique, en chimie, en philosophie, en littérature, peu s'en faut que nous ne désespérions de pouvoir jamais réaliser quelque chose d'analogue »

Ainsi, entre les professeurs et conférenciers envoyés par notre pays, les normaliens sont particulièrement les bienvenus à l'étranger; et l'on attend d'eux qu'ils demeurent fidèles à la tradition dout ils sont les dépositaires.

Cette conscience de son passé, de son caractère propre, de su mission,' de sa raison d'être, l'école ne la perdra pas. Unis entre eux par le culte commun de leurs grands ancêtres, par leur commun attachement à des maîtres dont la plus chère ambition est d'adapter à des tâches en partie nouvelles tout ce que le passé nous a légué de grand et de fécond, par ce je ne sais quoi d'intime et de tendre, qui s'appelle l'amour de la petite patrie dans la grande, par la foi en des destinées futures dignes d'une si noble histoire, les normaliens sauront concilier, avec une participation toujours plus large à la vie générale du monde scientifique et de la société, la conservation de l'autonomie relative et de l'originalité qui ont distingué notre école. Un changement de figure n'est pas nécessairement l'abolition de ce qui était. Rien, en ce monde, ne dure sans s'adap-

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tard devenir le confrère, prononça même à cette occasion le mot de scandale. La vérité est qu'ayant du goût pour l'enseignement, il me sembla naturel de préférer l'Ecole où l'on se préparait précisément à l'Enseignement. Et puis, j'avais rencontré de si brades gens, de si bons maîtres, au cours de mes études dans les lycées ; je désirais les imiter. Mon rêve était de revoir la pure lumière du midi, de succéder à mon cher professeur Berger dans cette chaire de mathématiques spéciales du lycée de Montpellier où s'étaient écoulées deux des années les plus heureuses de ma vie. Ce rêve, tu sais que je n'ai pu le réaliser. C'est mon frère Louis qui, par sa vie presque tout entière passée au lycée de Nîmes, a acquitté ma dette envers l'Enseignement Secondaire et envers mon pays natal. Je suis profondément reconnaissant à M. le Ministre d'avoir bien voulu évoquer son souvenir.

Comme vous l'avez pressenti, mon cher Picard, il m'a été agréable d'entendre ici un représentant de cette Société des Amis des Sciences qui m'a fait, chaque année depuis douze ans, l'honneur de me choisir pour président. Cette belle œuvre philanthropique ne cesse de se développer, et la fonction du président est loin d'être une sinécure. Mais la compa-

ter, c'est-à-dire sans se modifier. Comment, au milieu des transformations que subit l'enseignement et la vie intellectuelle en général, l'école pourrait elle seule demeurer identique ? Il dépend de nous tous, jeunes et vieux, de faire subsister l'esprit à travers les changements de la forme. Les choses morales ne durent pas d'elles-mêmes, par la seule force physique de l'inertie... C'est l'àme, c'est la volonté qui est leur être : c'est elle qui les fait subsister, en les recréant continuellement, tout en les ajustant à leurs changeantes conditions d'existence. L'école se conservera comme institution, parce que l'idée en restera vivante dans l'âme et la volonté de ses enfants.

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gne qui, pendant plus de quarante ans, a fait le charme de ma vie, ui'assistant de ses conseils et de sa chère présence, m'a communiqué quelque peu (lices sentiments de bonté et d'humanité qui viennent si naturellement au cœur des femmes. Je fais «limon mieux: à votre tour, je l'espère, vous deviendrez président et vousvous inspirerez, comme moi îles belles traditions qui nous ont été Léguées par nos prédécesseurs : le baron Thénard, lemaréchal Vaillant, J.-B. Dumas, Louis Pasteur et Joseph Bertrand.

Grâce aux peines que vous avez prises, mon cher Guichard, l'organisation de cette fête est pleinement réussie. Je vous dois des remerciements pour vos soins dévoués : mais je vous en dois bien plus encore pour le talent et le zèle avec lequel vous avez fécondé quelques-uns des germes que j'avais semés dans mes travaux. Vous vous déployez, avec une aisance que j'admire, dans les géométries à un nombre quelconque de dimensions. De ces espaces où pénètre seul l'œil du géomètre, vous rapportez des trésors, des vérités concrètes qui s'appliquent sans peine à l'espace où nous vivons. Plusieurs fois lauréat de l'Institut, vous avez vaillamment soutenu contre des concurrents redoutables le drapeau de la géométrie infinitésimale. Vous avez agrandi son domaine et vous êtes devenu un maître à votre tour.

Mlle Belugou, depuis le jour où. sur la demande de Zévort, j'acceptai, en 1881 . de devenir un des professeurs de l'Ecole normale qui allait s'ouvrir à Sèvres, j'ai aidé de tous mes efforts au succès de cet enseignement secondaire des jeunes filles qui a été créé sur l'initiative de M. Camille Sée et de Jules Ferry. Vous avez bien voulu rappeler la confiance et la bienveillance que me témoignait Mme Jules

Favre, l'affection respectueuse que je lui portais. Son souvenir, croyez-le bien, ne s'est pas effaeé de mon cœur ; et je suis heureux de voir l'Ecole se développer, sous votre direction, dans le sens même que Mme. Iules Favre aurait désiré. C'est avec joie que nous avons vu dans ces derniers temps augmenter le nombre de nos élèves et s'accroître ainsi l'influence de notre enseignement. Comme l'Ecole de la rue d'Ulm, l'Ecole de Sèvres ne réclamé aucun privilège ; qu'elle persiste dans cette voie, et elle restera naturellement la directrice de cet enseignement des jeunes tilles qui, dès le premier jour, ;i su conquérir les sympathies et la confiance du pays.

Mon cher Lippmann, mon cher Président,

Les félicitations et les vœux que vous m'apportez au nom de mes confrères de l'Académie des Sciences m'émeuvent profondément. L'honneur qu'ils m'ont fait il y a douze ans. en m'appelant à ces fonctions de Secrétaire perpétuel qui, ont été illustrées par Delambre, Fourier, Arago, Elie de Beaumont, Joseph Bertrand, pour ne parler que du siècle qui vient de finir, est le plus grand que puisse recevoir un homme de science. Tous les soins que j'ai pris, ou que je pourrai prendre, pour défendre les intérêts de l'Académie, maintenir ou accroître son prestige et son action, ne suffiront jamais à m'acquitter envers mes confrères. Quoi qu'il advienne, je suis et je resterai leur débiteur.

Monsieur le Ministre,

Je suis fier de vous voir consacrer, par votre préseine à cette fête de famille, les témoignages si flatteurs et si touchants d'estime et d'affection que

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je reçois aujourd'hui de tous côtés. Vos ('loues sont pour moi la plus belle récompense ; mais je ne me fais pas illusion, je sens bien que je ne les mérite qu'en partie. Venu à une époque de transition. ;ï un moment où l'enseignement supérieur formait un tout inorganique, où la recherche scientifique était livrée au hasard des initiatives particulières, je la vois aujourd'hui régulièrement organisée, prête à faire face aux légitimes exigences d'une grande nation. Si. pour ma part et à ma place, j'ai pu contribuer à La grande œuvre qui a été ainsi accomplie, je suis heureux de reconnaître que ceux qui m'entourent, et qui me remplaceront prochainement, sont allés, ou iront, beaucoup plus loin que je ne l'ai fait, .le ne forme qu'un vœu en terminant : c'est qu'à leur tour, et pour le bien du pays, ils puissent rendre la même justice à ceux qui seront appelés à leur succéder.

Aux discours que l'on vient de reproduire, nous joignons les adresses suivantes, qui n'ont pu, faute de temps, être lues en séance.

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