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ÉLOGE DE H. DE SBNARMONT

sent, croyaient pouvoir remonter aux premiers principes, ils ressembleraient à la princesse du vieux conte; lorsqu'ils ont prouvéj par exemple, que le marbre a été produit par de la craie fortement chauffée sous une haute pression, ils se demande^ ront d'où est venue cette craie? elle a été déposée au fond d'un lac par l'action d'une atmosphère riche en acide carbonique sur les sels de chaux qu'il contenait. Mais on demandera alors : d'où venaient ces sels de chaux? d'où venait cet acide carbonique? et l'on est engagé, chacun le comprend, dans une voie qui ne peut se terminer.

- Eh bien, qu'importe? et pourquoi n'y pas marcher avec ardeur, puisque, sans révéler d'insondables mystères, chaque pas peut néanmoins satisfaire en partie la curiosité bornée d'un homme raisonnable? Si la route est belle à parcourir, qu'importe qu'elle soit sans issue? Et si elle est d'un accès difficile, n'est-cC; pas une raison pour priser plus haut encore Inhabileté de ceux qui y font les premiers pas? Personne avant de Senarmont n'en avait su faire de ai assurés et en si grand nombre. Personne surtout ne s'était astreint à imiter aussi fidèlement dans les opérations <ie laboratoire les réactions présumées de la nature.

De Senarmont n'était par goût ni géologue observateur, ni chimiste praticien, mais comme ingénieur il avait fait d'excellentes cartes géologiques ; comme; ancien élève de Berthier au laboratoire de l'École des Mines, il savait manier les méthodes les plus délicates de l'analyse minérale; il n'en fallait pas davantage pour mener à bien le grand travail qui a le plus contribué à faire connaître toute la pénétration de son excellent esprit.

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Il avait assimilé dans sa pensée les filons, ou crevasses de forme irrégulière existant dans la continuité des roches, à des tubes remplis autrefois par des eaux minérales et soumis par Faction de la terre, et à cause de leur profondeur, à une température élevée et à une pression considérable. Guidé par cette idée préconçue, il prend un tube de verre, le remplit d'eaux analogues aux eaux minérales, auxquelles il joint les éléments d'incrustation d*un filon; il ferme ensuite le tube, et, en le chauffant à la température de 150 à 300 degrés, il obtient la plupart des matières cristallisées qui, dans la nature, se rencontrent dans les filons. Le quartz, les oxisels^ les sulfures, les carbonates métalliques sont ainsi préparés, avec une perfection de forme admirable, et sont identiques aux produits naturels.

Les cristaux ont, il est vrai, des dimensions microscopiques, mais le volume est ici peu important, et pour obtenir davantage il ne faudrait que Tespace, le repos et surtout le temps, instrument puissant que Thomme ne peut se donner et qui n'appartient qu*à la nature.

Cet usage d'un tube de verre fermé et chauffé dans lequel on fait réagir les matières avait été entrevu par James Hall et par Haidinger; mais à de Senarmont revient l'honneur de l'avoir transformé en un instrument de laboratoire dont les chimistes ont su tirer depuis un parti merveilleux; il peut être considéré comme le créateur de la méthode dont sen expériences ont tant généralisé l'usage.

Comme il se défiait de son habileté pratique en chimie, de Senarmont, consciencieux jusqn*au scrupule, a accumulé dans son mémoire un nombre inu-

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